Assurances 2026-2030 : la Tunisie prépare une réforme stratégique du secteur

06-07-2026

Le Comité Général des Assurances a dévoilé les grandes lignes de sa vision pour le secteur assurantiel tunisien pour la période 2026-2030, articulée autour de plusieurs axes prioritaires : le renforcement de la solidité du secteur et de sa capacité à financer l’économie nationale, l’élargissement de la couverture assurantielle, ainsi que l’amélioration de la gouvernance et de la digitalisation.

Parmi les priorités affichées pour la période à venir figure la consolidation du double rôle, économique et social, du secteur, à travers la mobilisation de l’épargne nationale au service du financement de l’économie, ainsi qu’une hausse de la contribution des assurances au PIB.

Une couverture dédiée aux catastrophes naturelles

Face à la multiplication des risques liés au changement climatique, le renforcement de la résilience économique figure en tête des orientations officielles pour le prochain quinquennat. Les autorités concernées travaillent ainsi à la mise en place d’un système intégré de couverture des catastrophes naturelles.

Ce dispositif reposera sur plusieurs leviers, à commencer par l’adoption d’un cadre juridique dédié, destiné à garantir une couverture globale et contraignante pour l’ensemble des secteurs et des particuliers. Un outil de modélisation technique sera également développé afin d’évaluer avec précision le coût de cette couverture et d’en fixer les paramètres. Des études approfondies viendront par ailleurs mesurer l’impact de cette nouvelle assurance sur la solvabilité financière des compagnies. Le plan prévoit enfin des campagnes de sensibilisation destinées à faire connaître ce nouveau dispositif auprès du grand public.

Vers une modernisation de l’assurance agricole

Parallèlement à ce volet dédié aux catastrophes naturelles, la stratégie quinquennale prévoit une série de mesures structurelles pour les autres branches du secteur. Il s’agit notamment de moderniser la gestion des risques agricoles, en diversifiant l’offre et en modernisant les mécanismes existants, tout en instaurant progressivement un caractère obligatoire pour certaines catégories d’assurance agricole. La réforme prévoit aussi l’amélioration des procédures d’indemnisation, ainsi que l’organisation de sessions de formation destinées aux agriculteurs, aux intermédiaires et aux experts chargés de l’évaluation des dommages agricoles.

Refonte du code des assurances

Le prochain quinquennat devrait également être marqué par une révision du code des assurances, avec pour objectif de renforcer l’assurance-vie, de développer de nouveaux produits de retraite complémentaire, et d’élargir la liste des intermédiaires agréés pour y inclure la bourse et les établissements financiers.

Dans le même esprit de réforme structurelle, une révision du secteur de l’assurance automobile est également à l’étude, portant sur le cadre réglementaire du Bureau Central de Tarification, ainsi que sur la mise en place d’un mécanisme de répartition solidaire destiné à faire face aux risques de refus de couverture dans les branches à haut risque, comme le transport rural, les taxis ou les véhicules de location.

L’ensemble de ces réformes structurelles confirme la vocation protectrice et anticipative de cette nouvelle stratégie nationale, qui ambitionne de faire du secteur des assurances un véritable rempart face aux chocs économiques et aux aléas climatiques.