Biodiversité : la Tunisie affiche des progrès significatifs et décroche une distinction internationale

22-05-2026

Un séminaire national à l’Académie diplomatique de Tunis dresse le bilan des engagements du pays en matière de conservation

À l’occasion de la Journée mondiale de la biodiversité, célébrée cette année sous le thème « Agir localement pour un impact mondial », le ministère de l’Environnement a organisé ce vendredi un séminaire national à l’Académie diplomatique internationale de Tunis. La rencontre a été consacrée à la présentation des résultats du septième rapport national sur la biodiversité et du cinquième rapport national relatif au protocole de Carthagène sur la prévention des risques biotechnologiques.

Des avancées notables sur plusieurs indicateurs

Hatem Ben Belgacem, directeur général de l’Écologie et des Milieux naturels au ministère de l’Environnement, a indiqué que le septième rapport national fait état d’un taux de progression dépassant 50% sur plusieurs objectifs liés à l’alignement des stratégies nationales avec le nouveau cadre mondial pour la biodiversité, lequel comprend 23 cibles internationales que la Tunisie a déclinées en objectifs nationaux.

Parmi les avancées enregistrées figurent l’élaboration pour la première fois d’une liste rouge nationale des espèces menacées, ainsi que l’évaluation des écosystèmes dans le cadre de la liste rouge des écosystèmes. L’indice national de la liste rouge est demeuré stable grâce aux programmes de conservation des espèces et des milieux naturels.

La Tunisie s’est par ailleurs distinguée en intégrant la biodiversité dans ses politiques économiques et sectorielles dès avant l’adoption du nouveau cadre mondial en 2022, notamment dans les secteurs de l’industrie, du ciment et des ressources minières. Cette démarche s’étend désormais aux ministères des Finances et de l’Économie et de la Planification, dans le cadre du plan de développement et des plans quinquennaux.

Ces efforts ont valu à la Tunisie l’obtention, en 2025, de la « médaille d’excellence » lors du Congrès mondial de la nature, en reconnaissance de ses avancées en matière de planification stratégique pour la conservation de la biodiversité.

Des défis persistants

Ben Belgacem a toutefois mis en garde contre plusieurs défis environnementaux qui demeurent préoccupants : la dégradation des écosystèmes et la lenteur de leur restauration, l’arrêt de l’extension des aires protégées terrestres et marines, ainsi que les pressions croissantes exercées par la pollution plastique et les changements climatiques.

Pour y répondre, la Tunisie travaille à renforcer son réseau d’aires protégées à travers de nouveaux projets et décrets de création de réserves marines et terrestres, en parallèle de la révision du code forestier et de l’adoption de l’approche de la « liste verte » des aires protégées, fondée sur une gouvernance participative et une gestion partagée.

Sécurité biotechnologique et cadre législatif en cours de consolidation

Sur le volet biosécurité, le cinquième rapport national relatif au protocole de Carthagène a porté sur l’évaluation du dispositif national de prévention des risques liés aux organismes génétiquement modifiés. La Tunisie dispose d’un réseau de laboratoires spécialisés dans leur détection et l’analyse de leurs risques, notamment au sein de la Banque nationale de gènes, du Centre de biotechnologie de Borj Cedria et de celui de Sidi Thabet.

Le pays travaille actuellement à compléter son cadre législatif en la matière, soit par l’élaboration d’une loi spécifique, soit par l’intégration de ces questions dans les textes relatifs à la sécurité sanitaire des aliments et dans le code de l’environnement.

Les deux rapports ont été élaborés dans le cadre d’une approche participative associant ministères, institutions scientifiques, centres de recherche et société civile, en coopération avec le Programme des Nations Unies pour le développement, entre septembre 2025 et février 2026.