Cessez-le-feu Liban-Israël : les violations s’accumulent dès les premières heures

17-04-2026

À peine entré en vigueur, le cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hezbollah est déjà fragilisé par de multiples incidents sur le terrain, soulevant des doutes quant à sa viabilité.

La trêve de dix jours a officiellement pris effet vendredi à minuit, heure locale, mettant un terme à un mois et demi d’affrontements entre l’armée israélienne et le mouvement libanais pro-iranien. Mais quelques heures seulement après son entrée en vigueur, l’armée libanaise a dénoncé sur le réseau X « un certain nombre de violations de l’accord », faisant état de « plusieurs actes d’agression israéliens » et de « bombardements sporadiques ayant touché plusieurs villages ». Les forces armées libanaises ont, dans ce contexte, appelé les personnes déplacées à ne pas rentrer précipitamment dans le sud du pays.

Tensions autour du Litani

Du côté israélien, l’armée a de son côté intimé à la population de ne pas regagner la rive sud du fleuve Litani, signalant qu’elle maintenait son déploiement terrestre dans cette zone. Malgré ces avertissements, des embouteillages considérables se sont formés au nord du fleuve, des milliers d’automobilistes patientant pendant de longues heures pour franchir l’unique pont encore praticable donnant accès au sud du Liban, selon des journalistes de l’Agence France-Presse.

Le Hezbollah, pour sa part, a revendiqué avoir « bombardé un rassemblement de soldats israéliens près de la ville de Khiam », dans le sud du pays, présentant cette attaque comme une riposte aux violations israéliennes du cessez-le-feu. L’Agence nationale de l’information libanaise (NNA) a par ailleurs signalé des bombardements sur Khiam et le village voisin de Debbine, ainsi qu’une intense activité de drones dans la même région.

Réactions internationales

Sur la scène internationale, le président américain Donald Trump a exprimé jeudi l’espoir que le Hezbollah se comporterait « bien » durant la période de cessez-le-feu, dans un message publié sur son réseau Truth Social. Le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a quant à lui salué l’accord tout en appelant « tous les acteurs » à le respecter « pleinement », selon un communiqué de son porte-parole.

La fragilité manifeste de cette trêve naissante souligne la profonde méfiance qui demeure entre les deux parties, et laisse planer de sérieuses incertitudes sur la suite du processus diplomatique au Liban.