Cimenteries / Combustibles alternatifs : Une manne dans les décharges !

17-04-2019

La Chambre Nationale des Producteurs de Ciment, relevant de l’UTICA, a organisé ce mardi 16 avril un forum sur l’implication des cimentiers tunisiens dans une logique de développement durable. En décembre 2015, lors de la COP 21 à Paris, la Tunisie s’est engagée à réduire son intensité carbone de 41% à l’horizon 2030. Un objectif ambitieux qui reste tributaire du développement d’un environnement propice à l’investissement.

Le secteur du ciment constitue une industrie stratégique et un pilier pour le développement économique du pays. Comment une des industries les plus polluantes peut-elle s’insérer dans cette démarche ? La Tunisie dispose-t-elle des infrastructures et compétences nécessaires pour développer cette filière ?

Le secteur du ciment représente une industrie énergivore et grosse émettrice de Gaz à effet de Serre (GES). Avec neuf cimenteries implantées à travers le pays, l’impact sur l’écologie est non négligeable. C’est dans ce cadre que les cimentiers de Tunisie ont décidé de signer une charte qui les engage à diminuer leurs émissions de GES.

Cette initiative passe, entre autres, par l’utilisation par les fours à ciment de combustibles alternatifs, obtenus par la transformation des déchets. Une technologie qui a fait déjà ses preuves depuis plus de 20 ans en Europe.

Ce procédé permettrait à l’Etat d’économiser plus de 90 millions de dinars par an en termes de dépenses d’investissement et d’exploitation des décharges.

La Tunisie enregistre depuis près de 20 ans, un déficit croissant de sa balance énergétique, ce qui accentue inexorablement sa dépendance énergétique, creuse le déficit commercial, et alourdit la balance des paiements.

Les combustibles alternatifs pourraient représenter 30% du mix thermique du secteur cimentier d’ici 2030, soit l’équivalent de 450.000 tonnes de pétrole. Au total, ce sont 200 millions de dinars de devises qui pourraient être économisés.

Un projet qui semble idéal sur le papier…mais dans les faits est-il vraiment réalisable ?

GnetNews s’est entretenu avec Salah Mhamdi, membre de la Chambre Nationale des Producteurs de Ciment relevant de l’UTICA. Pour lui ce ne serait qu’une question de volonté politique : « Il faut du courage politique. Nous cimentiers, nous ne pouvons pas nous engager dans un processus de modernisation et de mise à niveau de nos infrastructures si l’Etat ne met pas en place une ligne stratégique et un cadre clair. Aujourd’hui, nous n’avons pas de visibilité sur le long terme. Pour s’insérer dans ce processus de développement durable, c’est un investissement de 20 millions de dinars, au minimum ».

Salah Mhamdi préconise ainsi, tout d’abord de mettre à niveau les entreprises de transformation de déchets et se doter du savoir-faire nécessaire pour fabriquer des combustibles alternatifs.

Grâce à son plan d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre, le secteur cimentier pourrait faire baisser significativement ses coûts de production.

Outre la maîtrise des prix du ciment au bénéfice des secteurs du bâtiment et de l’infrastructure, l’amélioration de la compétitivité du secteur ouvrirait de nouveaux horizons à l’exportation. Celle-ci pouvant atteindre les 400 millions de dinars d’entrées en devises par an. Cette hausse des exportations générerait la création d’environ 1000 emplois directs et 8000 emplois indirects.

Wissal Ayadi

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L’étude de faisabilité du projet existe en Tunisie depuis plus de dix ans, il se nomme également CSR, combustible solide de récupération (nommé aussi SRF pour Solid Recovered Fuel ou RDF pour Refuse Derived Fuel). Mais comme on préfère de loin s’extasier sur les dires, frasques et buzz des « people », on finit par devenir bêtes…