Coronavirus : Le point sur les recherches scientifiques, le traitement et le vaccin

16-03-2020

Plus de 150.000 cas, 6.400 décès et 150 pays touchés. Le Coronavirus continue de faire des ravages partout dans le monde. Son apparition inquiète de plus en plus en raison des difficultés à traiter efficacement les infections d’origine virale. Tous les chercheurs de la planète sont sur le pied de guerre afin de trouver un vaccin qui pourra éradiquer ce fléau. Une véritable course à l’innovation est en marche.

Où en est-on dans les recherches scientifiques ? Quel laboratoire parviendra en premier à produire le fameux vaccin ? Autant de questions qui tournent presque à l’obsession depuis que le COVID-19 a fait son apparition sur notre planète.

Détection du virus

La première chose à savoir c’est que contrairement aux bactéries qui se reproduisent de façon autonome et qui réagissent donc à la prise de médicaments (antibiotiques), les virus font partie de la famille des parasites qui utilisent nos propres cellules pour se reproduire et ne sont donc pas sensibles à un traitement par médicament.

Ainsi, la façon la plus efficace de mettre un terme à une épidémie virale est le vaccin. Ce procédé consiste à introduire dans l’organisme une version inoffensive du virus. Grâce à ce dernier, le système immunitaire développera automatiquement des anticorps qui neutraliseront le virus dès sont entrée dans le corps afin de bloquer l’infection, avant qu’il ne s’installe durablement à l’intérieur des cellules.

Dans le cas du Coronavirus, la création d’un vaccin demeure encore entre les mains des chercheurs car l’identification de son origine reste encore inconnue.

La première avancée scientifique dans le domaine est venue de Chine, foyer de naissance du COVID-19. En effet, quelques semaines seulement après le début de l’épidémie en Chine, les scientifiques ont pu déterminer la séquence complète du matériel génétique du SARS‐CoV‐2 et ainsi identifier certaines régions moléculaires spécifiques à ce virus.

Cette découverte a permis le prélèvement d’échantillons chez les personnes soupçonnées d’être porteuses du virus et ainsi la détection de l’infection. Autrement dit, il a été rapidement possible de savoir si les patients sont dits « positifs ou négatifs » au Coronavirus.

Cela constitue une première avancée, pour au moins contenir la contagion. Pour exemple, en Corée du Sud. Il s’agit du deuxième pays présentant le plus haut taux de personne contaminées après la Chine. Chaque jour, près de 20 000 personnes sont testées gratuitement. Bilan, le nombre de nouveaux cas a substantiellement diminué au cours des derniers jours.

Combattre le virus

Contenir la contagion. C’est aujourd’hui le principal objectif de la communauté scientifique en attendant de trouver le vaccin qui permettra de mettre un terme définitif au COVID-19. Pour le moment, l’approche thérapeutique consiste à prescrire des médicaments pour soigner les symptômes, à savoir la fièvre, la toux et les difficultés respiratoires. A cet égard, il y a quelques jours, les recherches ont révélé que la prise d’anti-inflammatoires (ibuprofène, cortisone, etc.) pouvait aggraver l’infection. Il faudra donc privilégier le paracétamol.

Certains antiviraux développés contre d’autres virus sont testés sur des malades. Ces médicaments permettent de gagner du temps, car ils sont déjà disponibles sur le marché et leurs effets secondaires sont connus. Ainsi, des essais thérapeutiques ont été réalisés avec le Remdesivir (actif contre le virus Ebola, entre autres) et le Kaletra (utilisé contre le VIH) et ils sont prometteurs. Cependant, le nombre de patients testés est très limité et leur efficacité reste incertaine.

Un vaccin dans un an

En attendant, les laboratoires du monde entier sont à pied d’œuvre pour trouver un remède. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 100 recherches sur le COVID-19 sont en cours, dont 10 qui sont en phase de produire un vaccin contre le virus. Les recherches sont multidisciplinaires. Elles concernent aussi bien la biologie, la virologie et l’immunologie.

Mais il va falloir être patient. La mise en circulation au grand public d’un vaccin prend du temps (de 12 à 18 mois). Plusieurs étapes sont nécessaires afin d’évaluer l’efficacité du vaccin et la détection des effets indésirables. D’abord, les tests de laboratoire sur les cellules, ensuite les tests sur les animaux, puis, en dernier lieu, les tests sur l’être humain.

Où en sont les principales recherches ?

La presse chinoise rapporte qu’un vaccin contre le coronavirus sera prêt en avril 2020, pour les situations d’urgence et les essais cliniques.

Aux Etats-Unis, un vaccin est en phase de test. Selon le New York Post, la société de biotechnologie basée au Massachusetts, Moderna Inc, a expédié son vaccin à l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses pour des tests à la fin du mois de février dernier. Les premiers résultats pourraient être publiés d’ici juillet ou août.

Du côté européen, le laboratoire français Virpath annonce une découverte « encourageante ». Spécialiste du « repositionnement » de médicaments, la société aurait découvert une combinaison de médicaments qui aurait prouvé son efficacité pour combattre le Covid-19.

Au Canada, les recherches avancent aussi à grand pas. D’après la presse nationale une équipe de chercheurs en Ontario de l’Hôpital Sunnybrook, de l’Université McMaster et de l’Université de Toronto est parvenue à isoler le SRAS-CoV-2, l’agent responsable de l’épidémie actuelle.

Le virus isolé aidera les chercheurs du monde entier à mettre au point de meilleurs tests de diagnostic, des traitements et des vaccins. Il permettra aussi de mieux comprendre la biologie et l’évolution du SRAS-CoV-2.

La guerre des labos

Dans cette course contre la montre, les laboratoires pharmaceutiques du monde entier se livrent à une concurrence farouche. En effet, au delà du problème de santé publique, c’est une immense somme d’argent à qui trouvera le remède.

Ces derniers jours, cette question est même devenue politique. Selon le quotidien allemand Die Welt, le président américain Donald Trump, chercherait à mettre la main sur un vaccin contre le Covid-19 développé par la société allemande CureVac. L’objectif étant de le distribuer uniquement aux États-Unis. Pour cela, Trump aurait fait de grosses propositions financières à CureVac.

Cette information a été confirmée par les ministres de l’intérieur et des affaires étrangères allemands.

De con côté, Berlin s’oppose ardemment à cette idée. Dans l’article de Die Welt, il est expliqué que Berlin tenterait de garder la main sur cette société en proposant à son tour des conditions financières intéressantes.

«Le gouvernement allemand est très intéressé à ce que le développement de vaccins et de substances actives contre le nouveau coronavirus soit effectué en Allemagne et en Europe», a confirmé un porte-parole du ministère de la Santé à Die Welt.

Wissal Ayadi

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