Délestages électriques : le secteur des pâtisseries sous pression, jusqu’à 50 % de pertes pour les PME

03-09-2026

Les coupures d’électricité à répétition pèsent lourdement sur plusieurs secteurs d’activité, à commencer par celui des pâtisseries, durement touché par la détérioration des matières premières, des produits finis et des équipements. Invitée sur les ondes de Mosaïque FM ce jeudi 3 septembre 2026, la présidente de la Chambre nationale des pâtisseries, Samia Dhiab, a dressé un tableau préoccupant de la situation vécue par les professionnels du secteur.

Des pertes qui varient fortement selon la taille des entreprises

Selon elle, les délestages ont provoqué l’arrêt de l’activité dans de nombreux établissements. S’il reste difficile d’évaluer précisément l’ampleur globale des pertes — les perturbations se poursuivant et leur impact différant selon les régions et la taille des structures — Samia Dhiab a toutefois avancé des estimations : les grandes entreprises équipées de groupes électrogènes enregistreraient des pertes d’au moins 10 %, tandis que les petites et moyennes entreprises, beaucoup plus exposées, verraient leurs pertes grimper jusqu’à 50 %.

Les équipements de réfrigération et de congélation comptent parmi les plus affectés. « Des professionnels nous envoient des photos et des vidéos de la marchandise qu’ils sont contraints de jeter », a-t-elle témoigné, illustrant concrètement l’ampleur du phénomène.

D’après les informations remontées à la Chambre nationale, certains établissements ont dû fermer temporairement leurs portes : environ 30 % des entreprises du secteur auraient interrompu leur activité en raison des coupures.

Des pertes démultipliées selon le moment de la coupure

La situation devient particulièrement critique lorsque le délestage intervient aux heures de pointe ou après plusieurs heures de préparation. Une coupure pendant la cuisson peut anéantir toute une production, tandis qu’une rupture de la chaîne du froid compromet rapidement les produits déjà finis. À ces pertes matérielles s’ajoutent des répercussions commerciales : commandes annulées, remboursements et gestes commerciaux destinés à préserver la relation avec la clientèle.

Un enjeu de sécurité sanitaire

Au-delà des conséquences économiques, Samia Dhiab a insisté sur un autre risque majeur : celui de la sécurité sanitaire des produits alimentaires. Elle a mis en garde contre la tentation, pour certains professionnels en difficulté, de remettre en vente des produits ayant subi une rupture prolongée de la chaîne du froid. Elle a, à ce titre, salué la mobilisation des services de contrôle sanitaire et du ministère du Commerce pour veiller à la sécurité des denrées alimentaires. « Ce qui nous préoccupe, c’est la sécurité des produits alimentaires », a-t-elle insisté, appelant les professionnels à ne prendre aucun risque avec la santé des consommateurs.

Le recours aux groupes électrogènes, une solution hors de portée pour les petites structures

Face aux coupures, la location d’un groupe électrogène reste largement inaccessible pour les petites entreprises. Selon Samia Dhiab, son coût peut atteindre, voire dépasser, mille dinars par jour, sans compter la difficulté croissante à trouver ces équipements, la demande étant particulièrement forte.

Pour limiter les dégâts, les professionnels réclament a minima une information préalable sur les horaires de délestage, qui leur permettrait d’adapter leurs cycles de production, de décaler certaines opérations vers les créneaux où l’électricité est disponible, voire de travailler davantage la nuit ou tôt le matin.

Samia Dhiab a appelé les autorités à proposer rapidement des solutions concrètes, même temporaires, pour le secteur, précisant que plusieurs professionnels envisagent désormais de porter plainte contre la Société tunisienne d’électricité et du gaz (Steg).