La problématique du pétrole et gaz libyens en débat à Tunis

29-10-2019

«La société générale de l’électricité de Libye (GECOL) continue à produire en moyenne, 5000 méga watts d’énergie chaque année depuis 2011, et cela malgré l’instabilité politique, l’insécurité et la détérioration des stations de distribution et d’adduction dans la plupart des régions.

C’est ce qu’a confirmé Ahmed Chaibi, de la direction des contrats à GECOL, lors du premier forum annuel pour le développement du secteur de l’énergie, tenu tout récemment à Tunis.

Durant ce séminaire, des représentants des secteurs énergétiques en Libye, ont évoqué les problématiques liées à la production et l’exportation de pétrole et de gaz, qui nécessitent des solutions les plus durables.
Un bon nombre des stations de distribution de l’électricité, sont sous l’emprise des milices, a déploré le directeur du forum Rabia Abdel Aziz Cherir, dans une déclaration à Gnetnews.

« Ce problème est encore sous contrôle, les différentes parties continuent à coordonner entre elles, pour ne pas entraver la production en matière d’énergie, mais un bon nombre de générateurs d’électricité ont été détruits après la guerre, et le manque d’équipement de maintenance complique la situation »

Abdel Aziz Cherir a ajouté que la gratuité des factures, et les bourses que l’Etat continue à donner aux citoyens libyens au chômage, ont bien montré que les anciennes politiques ne semblent plus être efficaces.
A ce sujet, il a appelé à la rationalisation de la consommation, et à la réduction des subventions de l’Etat, afin de maintenir la même production en énergie qu’en 2010, soit 7000 méga watts par an…

Par ailleurs, Abdel Nassser Sassi, directeur général du planning à GECOL, a indiqué que la majorité des Libyens travaillent dans le secteur public, soit 50 000 employés à la société nationale de l’électricité, dont la masse salariale coute à l’Etat à peu près 719 milliards de dinars.

« En moyenne, 22% de ces employés sont fonctionnaires à la direction générale, et 15% travaillent dans les services. En revanche, les techniciens, les experts et ingénieurs en électricité, sont quasiment inexistants, et même l’ancien personnel, n’a pas reçu des formations spécialisées depuis la révolution (2011)».

Quant au déficit de la société, il a atteint les 16% à cause de l’élévation du taux de l’endettement qui a triplé depuis 2010, ajoute-t-il.

« En juin 2019, l’endettement de la GECOL a triplé. Il a atteint les 299%, soit l’équivalent de 3.6 milliards », a révélé Abdessalam Ali Jebri, membre du conseil administratif de l’industrialisation et de la maintenance, à la filière de GECOL de la région de Sert.

L’instabilité politique a favorisé la contrebande

La production de la compagnie pétrolière nationale libyenne (NOC) est au plus bas depuis 2011.
Dans son allocution sur la régression de la production pétrolière, le représentant de la National Oil Corporation (NOC) a expliqué que l’instabilité politique a renforcé la contre bande du pétrole, que ce soit à travers les frontières ou par voie maritime, ce qui a fait que le prix de vente du pétrole libyen est devenu le moins cher dans la région.

Il a ajouté que la production pétrolière de la Libye a fortement fluctué ces dernières années en raison d’attaques sur les sites pétroliers, de protestations et de conflits politiques accrus depuis le soulèvement du pays en 2011 ».

« Actuellement, la production pétrolière s’élève à environ 1,3 million de barils par jour », ajoute-t-il en rappelant que la NOC a tenté de conserver sa neutralité mais sa production et ses ventes sont régulièrement entravées en raison des tensions qui crispent la Libye…

La National Oil Corporation (NOC) s’est plainte, à maintes reprises, de ne pas recevoir suffisamment de financements de la part du gouvernement de Tripoli, qui a réduit, à deux reprises et sans préavis, le budget approuvé de la société et de ses entreprises.

Emna Bhira