Le Liban en défaut de paiement, est-ce l’enlisement, ou le départ sur de nouvelles bases ?

09-03-2020

Le Liban est désormais en cessation de paiement. L’annonce, samedi, du Premier ministre Hassan Diab que son pays ne sera pas en mesure de rembourser 1,2 milliard d’Eurobonds arrivant à échéance ce lundi, fait l’objet des grands titres de la presse libanaise de ce lundi 09 Mars.

Les journaux libanais s’interrogent sur ce qu’il adviendra de la situation du pays du Cèdre, confronté au premier défaut de paiement de son histoire.

« La décision de cessation de paiement d’eurobonds prise par le Liban, un pays qui ploie sous le joug de lourdes charges et se rapproche de l’effondrement, est une tentative de dire que l’Etat ne va pas se plier au Fonds monétaire international, même s’il va, en définitive, se retrouver en face de lui, au moment où il entamera les négociations avec les créanciers », écrit le journal Annahar.

« La cessation de paiement amorce une nouvelle étape qui pourrait être porteuse de nombreux dangers pour le pays », ajoute le journal arabophone, signalant que « la coalition confessionnelle et politique qui préside aux destinées du Liban qui a été à l’origine de l’effondrement et de cette grave crise depuis l’indépendance, ne pourrait emmener le pays à bon port, ni assurer le sauvetage et la construction d’un Etat juste et fort ».

Le Hezbollal qui soutient le gouvernement Diab a qualifié par la voix de cheikh Nabil Kaouk, membre du conseil central,  la décision du Premier ministre libanais « d’audacieuse », dans la mesure où elle « protège les intérêts des Libanais, et les droits des déposants ».

Le Hezbollah dit être favorable à toute « aide étrangère, à condition qu’elle ne s’accompagne pas d’une tutelle et d’une hégémonie extérieure sur le Liban ».

Le parti ajoute « ne pas vouloir hypothéquer l’économie et l’avenir du pays à des parties étrangères, et prône des réformes les incitant à venir en aide au Liban », rapporte le journal libanais, aliwaa.

Le Liban se débat depuis des années dans des difficultés économiques inextricables, une crise qui a été à l’origine de la dégradation du pouvoir d’achat et de grandes difficultés socioéconomiques de la population, qui a exprimé sa colère, dans une contestation populaire qui s’était déclenchée fin 2019 et s’était étalée,  sur des mois, avant que la situation ne s’apaise, quelque peu, avec l’avènement du nouveau gouvernement.

Le gouvernement qui a promis depuis sa nomination en janvier de mener des réformes pour assainir les finances publiques et répondre aux attentes de la rue, n’a pas encore dévoilé sa méthode de réforme pour sortir le pays du marasme, et pour repartir sur de nouvelles bases avec les bailleurs de fonds. Sa tâche ne sera pas aisée, d’autant que le Liban fait partie des pays les plus endettés au monde, avec une dette de 92 milliards de dollars, équivalant à peu près à 170% du PIB.

Gnetnews

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