Moyen-Orient : escalade en mer d’Ormuz, entre blocus américain et menaces d’une guerre élargie
Explosion d’un cargo sud-coréen, déploiement du Charles de Gaulle, ultimatum de Trump à Téhéran — le détroit d’Ormuz concentre ce jeudi les tensions les plus vives du conflit régional.
La crise au Moyen-Orient a franchi un nouveau seuil cette semaine, avec le détroit d’Ormuz comme nouveau théâtre d’affrontements. L’Iran a démenti jeudi matin toute implication dans l’explosion survenue lundi à bord d’un cargo sud-coréen dans ce point de passage stratégique. L’incident avait conduit Séoul à annoncer qu’elle réexaminait sa position quant à une éventuelle participation aux opérations militaires américaines dans la zone.
Trump entre ouverture et menace
Le président américain Donald Trump a jugé mercredi « très possible » la conclusion d’un accord avec Téhéran, à l’issue de ce qu’il a qualifié de « très bonnes discussions ». Il a toutefois assorti cette ouverture d’un avertissement sans équivoque : en l’absence d’accord, des bombardements débuteraient avec « une intensité bien plus forte qu’avant ».
Le Charles de Gaulle en route vers le Golfe
La France a déployé son porte-avions Charles de Gaulle, accompagné de ses Rafale embarqués, en direction du golfe d’Aden. Emmanuel Macron a mis en avant l’utilité de la mission multinationale franco-britannique visant à sécuriser la navigation dans le détroit d’Ormuz, tout en condamnant, lors d’un appel au président iranien Massoud Pezeshkian, les frappes contre les infrastructures civiles des Émirats arabes unis et plusieurs navires.
Le blocus américain se resserre
L’armée américaine a indiqué avoir « neutralisé » un pétrolier battant pavillon iranien, le M/T Hasna, qui tentait de forcer le blocus dans le golfe d’Oman. Selon le CentCom, plus de cinquante navires ont été refoulés depuis la mise en place de ce dispositif. Dans ce contexte tendu, le porte-conteneurs Saigon de CMA CGM est néanmoins parvenu à franchir le détroit mercredi, et a été localisé au large de Mascate, hors du Golfe.
Regain de violence au Liban
Parallèlement, Israël a mené sa première frappe sur la banlieue sud de Beyrouth depuis le cessez-le-feu du 17 avril, tuant un commandant de la force Radwan, corps d’élite du Hezbollah. Des frappes dans l’est et le sud du Liban ont par ailleurs fait onze morts mercredi selon le ministère libanais de la Santé. L’armée israélienne a également signalé la mort d’un de ses soldats dans une attaque de drone dans le sud du Liban, trois autres militaires ayant été blessés.