Nasrallah met en garde contre une « explosion populaire » au Liban

19-10-2019

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a mis en garde contre « une explosion populaire » au Liban, appelant les dirigeants du pays à ne pas esquiver leurs responsabilités, a fortiori qu’il existe bien des solutions pour sauver le système économique et financier de l’effondrement.

Réagissant ce samedi 19 octobre au mouvement de protestation qui secoue le pays du Cèdre depuis deux jours, le numéro 1 du Hezbollah a souligné que « le peuple libanais ne supporte plus de se voir imposer de nouvelles taxes et de nouveaux impôts ». « Traiter la situation économique et financière par de nouveaux impôts conduira à une explosion populaire », a-t-il alerté.

Il a souligné, dans ce discours retransmis en direct sur la chaîne el-Manar,  que la goutte qui a fait déborder le vase et fait sortir les Libanais dans la rue et « l’annonce provocatrice du ministre de l’Information d’imposer une taxe sur le WhatsApp. »

Hassan Nasrallah a prévenu les responsables politiques contre toute poursuite dans cette politique de hausse des impôts, que « le peuple libanais, notamment les couches démunies et à faible revenu qui en constituent la majorité, n’accepte plus ». « Cette politique poussera les Libanais dans la rue, toutes les forces politiques réunies seront, à ce moment-là, incapables de prendre de nouveau le contrôle de la situation ».

Il a affirmé que « le Liban n’est pas un pays en faillite, et pourra éviter l’effondrement à travers une décision nationale, et de vraies réformes courageuses et décisives, et non via l’augmentation de la TVA et d’autres impôts », fustigeant « une solution de facilité que celle de chercher l’argent dans la poche des pauvres ».

« Il y a des mesures par lesquelles nous pouvons sauver notre économie, et mettre notre pays sur la voie de développement. » Elles consistent, à ses yeux, à lutter contre la corruption, à stopper la dilapidation des fonds publics, à fusionner les ministères, etc., signalant que les Libanais en ont assez d’assister tous les jours à des affaires de corruption, d’extorsion…

Il a déploré « une crise de confiance asphyxiante entre les Libanais et la classe politique », estimant que la solution n’est pas dans la démission du gouvernement.

Nasrallah a rejeté les appels à la formation d’un nouveau gouvernement politique, d’un gouvernement de technocrates, ou d’organiser des élections législatives anticipées, considérant ces propositions comme étant  « inutiles » et feront perdre du temps au pays. « Le mieux est que ce gouvernement continue avec un nouvel esprit, et une nouvelle méthodologie, tout en tirant les enseignements des évènements de ces deux derniers jours ».

Le chef de la résistance libanaise a qualifié ce mouvement protestataire de « spontané, de sincère, et n’est instrumentalisé par aucun parti, force politique ou ambassade, c’est aussi un mouvement qui est allé au-delà des confessions et des communautés, et dénote d’un ras-le-bol des politiques suivies dans le pays ».

Il a dit avoir entendu le cri et la douleur des protestataires, signalant que leur message est parvenu aux responsables, pour preuve l’abandon de l’intention d’imposer une taxe au WhatsApp.

Le chef du Hezbollah a recommandé aux manifestants de préserver le caractère apolitique de leur manifestation et de ne pas laisser les partis politiques s’y infiltrer, le cas échéant, « les revendications sociales, se transformeront en revendications politiques », a-t-il averti.

Gnetnews

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