Pandémie : Un recul de 30 ans en matière de lutte contre la pauvreté en Afrique du Nord (Oxfam)

09-04-2020

OIT & Agences – La crise du COVID-19 devrait faire disparaître 6,7 pour cent des heures de travail dans le monde au cours du deuxième trimestre de 2020 –soit 195 millions d’équivalents temps plein, selon un nouveau rapport de l’OIT, dont un communiqué est parvenu à Gnetnews.

De fortes réductions sont prévues dans les Etats arabes (8,1 pour cent, soit 5 millions d’équivalents temps plein), en Europe (7,8 pour cent, soit 12 millions d’équivalents temps plein) et en Asie et Pacifique (7,2 pour cent, soit 125 millions d’équivalents temps plein).

De lourdes pertes sont attendues dans les pays appartenant à divers groupes de revenus mais surtout dans les pays à revenu intermédiaire supérieur (7,0 pour cent, soit 100 millions d’équivalents temps plein). Cela va bien au-delà des effets de la crise financière de 2008-09.

Les secteurs les plus à risque sont les services d’hôtellerie et de restauration, l’industrie manufacturière, le commerce de détail et les activités commerciales et administratives. La hausse finale du chômage mondial pour l’année 2020 dépendra pour beaucoup de l’évolution de la situation et des mesures adoptées. Il est fort probable que les chiffres de fin d’année soient nettement plus élevés que la projection initiale de l’OIT qui était de 25 millions.

(…)Dans la population active mondiale de 3,3 milliards de personnes, plus de quatre personnes sur cinq (81 pour cent) sont actuellement affectées par la fermeture totale ou partielle des lieux de travail. «Les travailleurs et les entreprises traversent une catastrophe, aussi bien dans les économies développées que dans les économies en développement», a déclaré le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder. «Nous devons agir vite, ensemble et avec détermination. De bonnes mesures d’urgence peuvent faire la différence entre survie et effondrement.»

Baisse à deux chiffres des échanges commerciaux
La vie quotidienne a été bouleversée partout. A ce jour, la moitié de l’humanité est en quarantaine et des « secteurs entiers des économies nationales ont été fermés » ou « directement touchés » par l’arrêt de l’activité, fait valoir l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Les échanges commerciaux devraient accuser une baisse à « deux chiffres » dans « presque toutes les régions » de la planète, a-t-elle prévenu mercredi. L’organisation prédit une contraction du commerce « probablement supérieure » à celle causée par la crise financière mondiale de 2008-2009.

Pour la banque centrale américaine (Fed), l’incertitude liée à la pandémie fait peser un « grave danger sur les perspectives économiques » des Etats-Unis, selon les minutes de sa réunion à la mi-mars. Mais elle estimait alors que les effets négatifs seraient peut-être moins durables que ceux de la crise de 2008.

En l’absence de rapides plans de soutien pour les pays les plus démunis, un demi-milliard de personnes supplémentaires dans le monde pourraient basculer dans la pauvreté, met en garde l’ONG Oxfam dans un rapport intitulé « Le Prix de la dignité ».

« Cela pourrait constituer à l’échelle mondiale un recul de dix ans dans la lutte contre la pauvreté, et un recul de 30 ans dans certaines régions comme en Afrique subsaharienne, au Moyen-Orient ou en Afrique du nord », plus de la moitié de la population mondiale étant menacée de tomber sous le seuil de pauvreté à la suite de la pandémie, ajoute l’organisation (…).

Selon le rapport, nous avons besoin de mesures intégrées, à grande échelle, s’articulant autour de quatre piliers: soutien aux entreprises, à l’emploi et aux revenus; relance de l’économie et de l’emploi; protection des travailleurs sur leur lieu de travail; et recours au dialogue social entre gouvernement, travailleurs et employeurs pour trouver des solutions. «C’est la plus grande épreuve pour la coopération internationale en plus de 75 ans», a déclaré M. Ryder. «Si un pays s’écroule, alors nous nous écroulerons tous. Nous devons trouver des solutions qui aident tous les segments de notre société globale, en particulier ceux qui sont les plus vulnérables ou les moins à même de se prendre en charge.»

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