Pénurie de médicaments : Saïed convoque le gouvernement et ordonne un financement immédiat de la Pharmacie centrale

26-03-2026

Après sa visite surprise à la clinique de la CNSS et à la Pharmacie centrale, le président de la République a réuni cheffe du gouvernement, ministre de la Santé et ministre des Affaires sociales pour exiger une réforme profonde du système de couverture sanitaire et lutter contre la corruption dans le secteur du médicament.

Le président de la République Kaïs Saïed a réuni, mercredi après-midi 25 mars au Palais de Carthage, la cheffe du gouvernement Sara Zaafrani Zenzri, le ministre de la Santé Mustapha Farjani et le ministre des Affaires sociales Issam Lahmar, au lendemain de sa visite de terrain à la clinique de la CNSS à El Omrane et au siège de la Pharmacie centrale.

Un constat alarmant

Cette réunion fait directement suite aux dysfonctionnements constatés par le chef de l’État lors de ses visites : difficultés croissantes d’accès aux soins, pénuries récurrentes de médicaments essentiels et spécifiques, ruptures de stock répétées pesant lourdement sur les patients. Saïed a qualifié les établissements de santé publics de « malades », résultat, selon lui, de décennies de sabotage, de mauvaise gestion et d’accumulations passées.

Une réforme structurelle, pas des rustines

Le président a fermement écarté toute approche conjoncturelle ou partielle du problème, estimant qu’il faut rompre avec les causes profondes de cette dégradation et concevoir une nouvelle vision du système de sécurité sociale et de couverture sanitaire, fondée sur l’équité et la justice sociale, en adéquation avec les attentes des citoyens.

Tolérance zéro contre la corruption

Saïed a également exigé une lutte sans concession contre toutes les formes de corruption et de mauvaise gestion dans le secteur du médicament, qu’il a qualifié de secteur vital directement lié à la santé des citoyens. Il a appelé au renforcement des mécanismes de contrôle et d’inspection, et à la généralisation des systèmes numériques permettant de tracer les circuits de distribution des médicaments et d’en garantir une gestion transparente.

Financement immédiat et stock stratégique

Sur le plan opérationnel, le chef de l’État a ordonné le déblocage immédiat des crédits nécessaires au profit de la Pharmacie centrale, afin qu’elle retrouve un rythme normal d’approvisionnement du marché national. Il a également instruit la constitution d’un stock stratégique de médicaments, en particulier les médicaments vitaux et spécifiques.

Vers une industrie pharmaceutique tunisienne

Saïed a conclu en soulignant l’importance stratégique de réduire la dépendance de la Tunisie aux importations de médicaments. Il a rappelé que la Tunisie dispose de compétences médicales et scientifiques reconnues à l’international — comme en témoigne l’afflux de nombreux pays qui recrutent activement des cadres tunisiens dans le domaine de la santé — et que ces talents pourraient tout aussi bien servir au développement d’une industrie pharmaceutique nationale capable non seulement de couvrir les besoins locaux, mais également d’exporter, renforçant ainsi le rayonnement de la Tunisie à l’échelle mondiale.