Plusieurs prétendants à la succession de Béji Caïd Essebsi, risque d’effritement au 1er tour

29-04-2019

La ruée vers Carthage a bien commencé. Plusieurs personnalités ont déjà dévoilé leur intention de mener la course à la présidentielle. De nombreuses autres sont pressenties et attendent le bon moment pour le faire savoir. Un premier tour hyper-encombré est en perspective, avec un risque réel d’effritement des voix.

La pléthore des partis politiques, 218 jusqu’à ce lundi 29 avril, qui seront, selon toute vraisemblance, tous présents aux législatives, n’a d’égale que le surnombre attendu des postulants à la fonction présidentielle. D’ici la date butoir du dépôt des candidatures, les prétendants à la succession de Béji Caïd Essebsi se bousculeront au portillon. A chacun son angle d’attaque et sa thématique, pour conquérir le cœur des électeurs et convaincre le plus grand nombre.

Parmi les premiers à avoir annoncé leur candidature, le constitutionnaliste Kaïs Saïd qui entend focaliser sa campagne sur "des programmes économiques sociaux". Mohamed Abbou dont la candidature a été entérinée la semaine dernière au terme des assises de son parti, va placer sa campagne sur "la diplomatie économique" et "l’amélioration de l’image de la Tunisie à l’extérieur," afin de la rendre une destination plus attractive pour l’investissement étranger.

Le président de l’Assemblée nationale constituante, Mustapha Ben Jaâfar, qui a annoncé le week-end dernier sa candidature lors d’une conférence à Tunis, s’affiche comme un candidat fédérateur, qui veut réaliser "la réconciliation nationale".

Mehdi Jomaâ qui a déjà lancé ses meetings de campagne, veut "rétablir la confiance et redonner espoir aux Tunisiens".

Hamma Hammami, candidat du front populaire, défendrait, pour le paraphraser, le contre-projet des politiques libérales, menées "sur injonction du FMI".

Hamadi Jebali qui a annoncé hier, dimanche, sa candidature en tant qu’indépendant, proposera un programme à même "de réaliser les espoirs du peuple tunisien". D’autres candidatures sont attendues, et semblent scruter le moment propice, pour se prononcer, à l’instar de l’ancien président Moncef Marzouki qui a déclaré être en train d’observer le paysage politique, pour se décider. Néjib Chebbi sera, fort probablement, parmi les candidats à la candidature au sein du nouveau mouvement Qadiroun, qui entend opter pour des primaires. 

L’actuel chef du gouvernement, Youssef Chahed, serait le candidat de Tahya Tounes à la présidentielle du 17 novembre 2019. Il aura à repousser au maximum l’officialisation de sa candidature, étant donné qu’il devrait céder son fauteuil à la Kasbah, le moment venu, faute de ne pouvoir cumuler, au nom de l’égalité des chances, sa mission gouvernementale et son statut de candidat.

D’autres candidatures vont émerger. Ennahdha devra présenter la sienne ou adopter un candidat déclaré. Idem pour Nidaa Tounes. La famille nationaliste sera probablement représentée à cette élection cruciale.

Une kyrielle de personnalités indépendantes et partisanes seront en lice, ce qui donnera lieu à un score effrité au premier tour, à l’issue duquel deux candidats auront à passer au deuxième tour pour être départagés par les Tunisiens.

D’ici là, plusieurs changements pourraient intervenir. Il n’est pas exclu que les uns se désistent au profit des autres, que des partis appartenant à la même famille politique se résolvent à choisir un seul candidat, celui qui est le plus à même de rassembler, et de récolter le plus de suffrages.

La bataille promet d’être rude. La fonction présidentielle fait rêver, même si en vertu du régime politique dit mixte, inscrit dans la nouvelle constitution, le président n’est pas le véritable chef de l’exécutif, et n’a pas assez de prérogatives qui font que le dernier mot lui appartienne. A moins d’une réforme constitutionnelle, que l’actuel chef de l’Etat qui a exclu l’intention de se porter candidat à sa propre succession, estime impérieuse.

H.J.

 

 

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