Présidentielle/ Droits de l’enfant : Une campagne pour les inclure dans les programmes des candidats

06-09-2019

La ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) a lancé ce vendredi 6 septembre, la campagne nationale pour la défense des droits de l’enfant durant les élections présidentielles et législatives.

Cette campagne a pour objectif d’appeler les candidats à l’élection présidentielle, à inclure les droits de l’enfant dans leurs programmes électoraux.

Mohieddine Lagha, membre du comité directeur de la LTDH, a présenté le document de référence de cette campagne de sensibilisation, qui incite les candidats à considérer dans leurs programmes sept points essentiels : Droit à la santé, droit à la protection sociale et sa préservation contre toute forme de violence et contre le terrorisme.

Ce document de référence évoque également les droits des enfants en situation d’handicap et le droit à la justice et au développement durable.

Cette période des élections est la meilleure occasion pour rappeler l’importance de l’inclusion des droits de l’enfant, sachant que les jeunes représentent un tiers de la population tunisienne, soit trois millions de citoyens, a souligné la représentante de l’UNICEF à Tunis.

 « La Tunisie est un pays avant-gardiste en matière de droits de la femme et de l’enfant, grâce au code du statut personnel (CSP), le code de la protection de l’enfant, et à la ratification à de nombreuses conventions internationales depuis 1989, pourtant un enfant sur cinq vit dans la pauvreté ».

La représentante de l’UNICEF a expliqué que les disparités régionales, et des conditions socio-économiques des familles représentent les premières causes, responsables de la précarité de l’enfance en Tunisie.

Elle a rappelé aussi que pour redresser cette situation, les candidats doivent intervenir à priori, à travers leurs programmes électoraux.

Abandon scolaire
Selon les résultats d’une enquête à indicateurs multiples dévoilés lors de la conférence, 17.2% des enfants souffrent d’obésité, 8.3% d’un retard de croissance, surtout au niveau du sud tunisien, des zones rurales et dans les milieux appauvris.

« 2.1% des enfants tunisiens souffrent de malnutrition ou d’une maigreur pathologique, 9 enfants parmi 1000 sont mort-nés, contre 17.6% enfants qui meurent chaque année avant l’âge de 5 ans ».

Concernant l’éducation, 63% des enfants passent par les classes préparatoires dans les milieux urbains, contre 28 % seulement dans les milieux rurales. Le taux d’abandon scolaire a atteint 95%, soit 48% des élèves quittent l’enseignement secondaire. Ces chiffres varient selon le sexe, et le milieu social.

L’enquête a montré aussi que 34% des enfants entre 7 et 14 ans, n’ont pas des compétences en matière de lecture. 72% des enfants n’ont pas les compétences nécessaires en matière de calcul, soit 68%  venant des milieux urbains et 80% du milieu rural.

Concernant les comportements à risque des adolescents, 42.2% des garçons contre 5.3% des filles ont consommé du tabac, et 11% ont consommé de l’alcool.

L’enquête a montré aussi que le nombre des enfants victimes de la violence a augmenté en Tunisie, soit 88% des enfants âgés entre un an et quatorze ans, ont subi des maltraitances physiques et 84.2% ont subi des violences verbales et psychologiques, et 48.9% ont été punis physiquement.

Dans son allocution prononcée sur l’état des lieux des droits des enfants en Tunisie après 30 ans de la ratification à la convention internationale pour les droits de l’enfant (1989), l’expert international en droit de l’homme, Hatem Kotrane a expliqué que l’enfant est un « citoyen silencieux », encore absent dans les programmes électoraux.

Il a rappelé aussi que dans les deux campagnes électorales 2014 et 2019, il y a eu des déclarations qui se contredisent avec les droits de l’enfant institués par la constitution tunisienne.

« Nous sommes préoccupés par la place des droits de l’enfant dans les programmes des candidats pour la prochaine présidentielle, surtout après les déclarations de quelques candidats comme celles de Rached Ghannouchi en 2014, qui appelé les enfants nés en dehors du mariage « d’adultérins ».

Kotrane a évoqué également les déclarations d’Abir Moussi, candidate du parti destourien libre à la présidentielle de 2019, qui s’est prononcée « la succession des enfants nés d’adultère ».

Dans une déclaration à la radio, elle a souligné que l’égalité successorale provoquera la reconnaissance implicite des familles créées hors mariage. « Ceci permet à ces enfants de bénéficier des aides financières, ce qui les rend légitimes économiquement et socialement », selon ses dires.

Emna Bhira

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