Tunisie : La formation du gouvernement instamment attendue, « nous ne sommes pas l’élève des agences de notation » (Saïed)

08-10-2021

Les rencontres entre le président Kaïs Saïed et la cheffe du gouvernement désignée, Najla Bouden, se succèdent et sont presque quotidiennes, à l’heure où la nouvelle formation gouvernementale est instamment attendue à l’intérieur et à l’extérieur, vu les urgences qui s’accumulent, et pour parer à une vacance qui perdure depuis le 25 juillet, date de la destitution de Hichem Méchichi.

Le chef de l’Etat a reçu la veille, jeudi 07 octobre à Carthage, la cheffe du gouvernement désignée, qui l’a informé de « l’état d’avancement des efforts déployés pour la formation du gouvernement, afin qu’il soit annoncé dans les délais les plus proches », indique la présidence dans un communiqué paru hier soir.

Le gouvernement est attendu sur plusieurs dossiers, dans ce contexte de crise socioéconomique et financière inextricable. Le communiqué de la banque centrale ayant alerté sur la disette financière, en évoquant « le tarissement aigu des ressources financières extérieures, face aux besoins importants pour boucler le Budget de l’Etat pour l’année 2021 », a alerté les milieux d’affaires, ainsi que les économistes et les experts des finances.

Ils ont appelé, en majorité, à accélérer la formation du gouvernement, afin qu’il relance les négociations avec le FMI actuellement à l’arrêt, ce qui est à même de déboucher sur un programme clair, pour d’une part injecter des fonds dans les caisses de l’Etat, et d’autre part, donner le là aux autres institutions financières en vue de venir en aide au pays, et lui fournir le soutien financier nécessaire.

Diplomatie économique

D’aucuns appellent, par ailleurs,  à activer la diplomatie économique et à mobiliser le soutien international des pays frères et amis, et des partenaires de la Tunisie, afin qu’ils lui tendent la perche en ces temps difficiles.

Ce faisant des craintes subsistent que les agences de notation dégradent davantage la note souveraine de la  Tunisie, ce qui la mettra dans une situation où personne ne daignera lui emprunter de l’argent. A fortiori que le pays se trouve déjà dans l’incapacité, voire l’impossibilité de sortir sur le marché mondial pour mobiliser les fonds nécessaires à son budget.

L’Institut d’émission a, d’ailleurs, imputé le tarissement des fonds extérieurs, aux « craintes des bailleurs de fonds internationaux au vu de la détérioration de la notation souveraine de la Tunisie et l’absence d’un nouveau programme avec le FMI ».

Sur ce point, le président de la république a appelé hier, en recevant le président du CMF Salah Sayal, à revoir les éléments sur lesquels repose la notation souveraine des pays.

« Nous traitons avec les institutions internationales, mais celles-ci devront traiter avec nous comme un pays souverain, nous ne sommes pas en position de l’élève, et elles ne sont pas dans la position du professeur, qui donne la note comme il veut », a-t-il déclaré, affirmant que « la Tunisie fait partie de l’économie mondiale ».

La Tunisie est un pays souverain, a-t-il martelé, s’engageant à assainir tous les marchés financiers et à agir en toute transparence.

Gnetnews