Tunisie : polémique autour de l’interdiction de la couverture médiatique sur le terrain du congrès de l’UGTT

25-03-2026

La décision de limiter la couverture médiatique du congrès de l’UGTT à des interventions téléphoniques suscite une vive réaction de la profession.

La Syndicat national des journalistes tunisiens a vivement dénoncé, dans un communiqué daté du 25 mars 2026, des instructions adressées au service de l’information de la radio régionale de Monastir interdisant la couverture sur le terrain du congrès de l’Union générale tunisienne du travail, actuellement en cours dans la ville.

Selon le syndicat, les journalistes ont été appelés à se contenter d’interventions téléphoniques pour suivre cet événement, pourtant considéré comme majeur sur la scène nationale et suscitant un large intérêt médiatique et public.

Le SNJT estime que cette décision constitue une entorse grave aux قواعد fondamentales du métier, rappelant que la présence sur le terrain, la vérification directe des faits et la diversité des sources sont au cÅ“ur de la pratique journalistique. « La couverture de terrain n’est pas un détail secondaire, mais l’essence même du travail journalistique Â», souligne le communiqué, ajoutant que les interventions à distance ne peuvent en aucun cas s’y substituer efficacement.

Au-delà de l’aspect professionnel, le syndicat y voit un glissement préoccupant quant au rôle de l’audiovisuel public. Il rappelle que celui-ci est tenu de garantir au citoyen une information fiable, équilibrée et indépendante de toute forme d’ingérence. Une telle orientation ferait, selon lui, écho à des pratiques de restriction du travail journalistique, soulevant des interrogations sur l’indépendance éditoriale et les pressions potentielles exercées.

La gravité de la décision est d’autant plus marquée, selon le SNJT, que le congrès de l’UGTT constitue une étape déterminante pour la principale organisation nationale, influente sur les équilibres sociaux et économiques du pays, dans un contexte jugé sensible et marqué par de fortes tensions.

Le syndicat considère ainsi que la limitation, voire l’interdiction, de la couverture sur le terrain représente une double atteinte : au droit du journaliste d’exercer librement sa mission et au droit du citoyen d’accéder à une information complète. Il met en garde contre les dérives d’un « média de façade Â», reposant sur des récits partiels ou orientés, au détriment des principes de transparence et de redevabilité.

Enfin, le SNJT rappelle que le service public de l’information « n’est la propriété d’aucune partie Â» et ne saurait être géré comme une « propriété privée Â». Il appelle à l’annulation immédiate de ces instructions et à permettre aux journalistes d’assurer leur travail sur le terrain, tout en réaffirmant son engagement en faveur de l’indépendance des médias publics et du respect de l’éthique journalistique.