Tunisie/ Révolution : Un 9ème anniversaire dominé par la quête d’une personnalité premier ministrable !

13-01-2020

La Tunisie célèbre demain le 9ème anniversaire de la révolution du 14 janvier 2011, marquant la chute de l’ancien régime, et la fuite de l’ex-président en Arabie Saoudite, là où il est décédé en septembre dernier. Une célébration de plus, qui au lieu d’être une occasion pour énumérer les réalisations et les avancées, évaluer les réformes et les projets, tracer les plans et les stratégies, est encore une fois, le moment où les déceptions les plus amères s’expriment, face à une situation socioéconomique qui ne cesse de se dégrader, et un paysage politique désagrégé et conflictuel.

La célébration de cette année a ceci de particulier, est qu’elle intervient sur fond d’un vide institutionnel, voire d’une crise gouvernementale. La Tunisie n’arrive pas à se donner un gouvernement à même de veiller à sa destinée, et à s’attaquer aux problèmes épineux qui la minent. L’espoir né des élections de l’automne dernier, va en s’étiolant. Le président Kaïs Saied dont l’accession à Carthage a ravivé la flamme révolutionnaire chez la jeunesse, est toujours attendue sur l’action et la réalisation.

L’inquiétude suscitée par l’effritement parlementaire sorti des urnes, se confirme. L’échec de vendredi dernier dans l’hémicycle, après deux mois de fastidieuses tractations, n’était que le résultat naturel d’un processus de concertations cahoteux.

Et nous voilà revenu au point de départ, avec la reprise du casting conduit cette fois-ci, comme le veut la constitution, par le président de la république. Kaïs Saied devra recevoir à tour de rôle les représentants des partis politiques représentés au parlement, des organisations nationales, et de la société civile, pour choisir la personnalité jugée la plus apte à former un gouvernement, et la charger officiellement de cette mission dans une dizaine de jours.

Le législateur a voulu montrer, à travers les délais écourtés, l’urgence de la situation face à un pays quasiment à l’arrêt, resté sans gouvernement légitime et investi d’un mandat durable, pendant de longs mois.

Kaïs Saied va-t-il y parvenir ? Sur quel terrain va-t-il partir pour choisir une personnalité qui soit en mesure de s’attirer les grâces d’un large spectre politique, de manière à pouvoir s’assurer un cordon politique solide, garant de sa durabilité et de sa résilience dans une étape qui ne sera forcément pas sans soubresauts.

Quid de la personnalité désignée qui devra former et dévoiler son cabinet dans un mois. Saura-t-elle réussir, là où le candidat d’Ennahdha, Habib Jemli a échoué ?

Jusque-là, les deux partis majoritaires au parlement se sont exprimés ouvertement sur le processus constitutionnel qui s’enclenche. Ennahdha, après que la carte Jemli a été grillée, se dit favorable à toute personnalité nationale qui « remplit les conditions de réussite, traduit les aspirations des Tunisiens, et réunit autour d’elle, un fort cordon politique ». Le mouvement appelle à « un gouvernement d’unité nationale consensuelle, sur une plateforme sociale ».

Qalb Tounes, en tant que deuxième parti de la majorité parlementaire, se place en chef de file d’une initiative (forte de 90 députés) dont la finalité est la formation d’un gouvernement de salut national, qui soit à même de mettre en œuvre un programme, pour promouvoir l’économie nationale, lutter contre la pauvreté et la marginalisation, et assurer la justice sociale.

Plusieurs prétendants à la succession de Youssef Chahed se déclarent prêts à assumer la responsabilité, et des noms fusent ici et là, mais un seul sera élu, en définitive.

Les personnalités nationales, ce n’est pas ce qui manque dans le pays, nombreux candidats répondent aux critères devant être réunis chez le futur chef du gouvernement. Lesquels ne sont pas difficiles à imaginer. N’est pas un co-chef d l’exécutif qui vaudra. Hormis les critères d’intégrité et de droiture, le candidat devra avoir une expérience politique, être rompu aux rouages de l’Etat, mêlée à des connaissances économiques, étant entendu que l’étape actuelle est dominée par les problèmes économiques, financiers, monétaires, etc…

Le futur postulant devra avoir de l’étoffe et une stature internationale, pour pouvoir gérer les relations extérieures de la Tunisie, tant avec les institutions internationales et les bailleurs de fonds, qu’avec ses partenaires régionaux et internationaux dans une conjoncture difficile, où la Tunisie post-élections 2019 peine à se positionner sur la scène diplomatique. Une mission qu’il partagera bien entendu avec le président de la république.

Saura-t-on faire, en cette 3ème période constitutionnelle le bon choix, et désigner l’homme de la situation capable de réussir sa mission dans les délais impartis, ou va-t-on se fourvoyer encore une fois, et entrainer les pays sur des terrains incertains.

Le scepticisme gagne et personne ne saura dire de quoi demain sera fait. Entretemps, la fête et la défaite se disputeront une révolution trahie.

H.J.

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