Inclusion financière : Bientôt des autorisations de la BCT à des Fintech

18-02-2020

«Selon une étude menée par la banque centrale de Tunisie (BCT) auprès de 7000 ménages, plus de la moitié des femmes et des hommes à bas revenus ne font pas appel aux services bancaires ou postaux. Cette population n’effectue aucune transaction financière, pourtant elle gagne un salaire mensuel stable. Par ailleurs, de plus en plus de personnes se dirigent vers les circuits informels pour obtenir  des emprunts…».

C’est ce qu’a dévoilé le gouverneur de la BCT, Marouane Abbassi lors d’une conférence-débat tenue ce mardi, autour de la thématique de « L’inclusion financière : enjeux et défis de la transformation numérique ».

Le taux d’inclusion financière désigne, en effet, l’offre de services financiers et bancaires de base, à faible coût, dédiés aux consommateurs en difficulté et exclus, de ce fait, des services traditionnels.

« Ce taux est relativement faible en Tunisie. Il s’établit à 27.4% en 2014. Pourtant, il est considéré comme un facteur de progrès pour sept des 17 objectifs du développement durable. C’est aussi un facteur essentiel de réduction de la pauvreté et de promotion de la prospérité ».

Afin de renforcer le taux d’inclusion financière, « la BCT octroierait prochainement trois autorisations à trois établissements Fintech pour lancer des applications mobiles  qui permettent d’effectuer des transactions financières via les téléphones basiques, ou encore par des smartphones, sans frais ».

A rappeler que les Fintechs sont des Start-ups innovantes spécialisées dans la technologie financière. Elles ont pour objectif la banalisation de la technologie mobile dans le monde, dans le but de faciliter l’accès aux services financiers pour les entreprises avec le moindre cout et un risque minimal.

D’autre part, la présidente de la chambre nationale des femmes chefs d’entreprise (CNFCE), Leila Belkhiria Jeber, a souligné que « les femmes sont particulièrement désavantagées puisque dans les pays en développement, 58% contre 67% d’hommes disposent d’un compte bancaire. Plus de 50% des Tunisiens ayant plus que 15 ans détiennent un compte bancaire ou postal. Ce chiffre est stable depuis 40 ans ».

A cet égard, le professeur à l’Institut des hautes études commerciales, Moez Soussi, a rappelé que « l’inclusion des femmes dans le marché du travail en Tunisie et l’amélioration de leurs salaires, permettront non seulement de rafraichir le secteur des banques, mais aussi d’alimenter les caisses sociales et de réajuster l’équilibre économique ».

Il a ajouté que « l’un des premiers leviers d’impulsion économique financière est d’éviter d’exclure les femmes, d’adopter le principe de la parité et d’œuvrer pour son intégration dans l’activité économique. D’ailleurs les statistiques ont montré que les conseils administratifs composés de 50% de femmes, prennent de meilleures décisions, et voient augmenter leurs recettes… ».

 Le consultant international des finances, Amine Rachid, et l’actuel Senior Manager de BNP Paribas en France, aussi présent dans cette conférence-débat a parlé de « l’inclusion financière numérique et du développement technologique ».

Il a indiqué que « la Tunisie représente un terrain très favorable pour les Fintechs ». L’expert a cité l’exemple d’Access Banque, qui a des filières partout dans le monde, et dont le siège est implanté au Nigéria. « Cette banque permet à ses clients, de demander des crédits en ligne, à n’importe quelle heure, et de n’importe quel emplacement géographique. Les réponses leur sont fournies en moins de 3 minutes ».

« Ce genre de service établit un lien de proximité avec les clients, et une sorte de confiance, qui encouragerait les particuliers ainsi que les entreprises à opter pour des services bancaires rapides et sans complications », conclut-il.

Emna Bhira

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