Aïd El Kebir : la flambée des prix des moutons inquiète, les éleveurs pointent la spéculation et la hausse des fourrages

08-05-2026

Entre 1 300 et 1 750 dinars pour un mouton « acceptable », le président du Syndicat régional des agriculteurs de Bizerte tire la sonnette d’alarme.

À quelques semaines de l’Aïd El Kebir, la question des prix des moutons s’impose comme une préoccupation majeure pour les ménages tunisiens. Invité sur les ondes de Jawhara FM ce vendredi, Imed Ouadhour, président du Syndicat régional des agriculteurs de Bizerte, a dressé un tableau préoccupant de la situation, pointant la hausse continue des coûts de production comme principal facteur de la flambée des prix.

Des fourrages de plus en plus chers

Selon le responsable syndical, la principale explication de cette hausse réside dans les difficultés que traverse le secteur des fourrages. Le coût des aliments destinés au bétail varie actuellement entre 12 000 et 17 000 dinars la tonne selon les régions, une augmentation significative qui pèse lourdement sur les éleveurs. À cela s’ajoutent les perturbations du marché des intrants agricoles, notamment la hausse du prix des ficelles utilisées pour le conditionnement des bottes de fourrage, un détail révélateur de la pression qui s’exerce sur l’ensemble de la filière.

La spéculation dans le viseur

Imed Ouadhour a par ailleurs dénoncé des pratiques spéculatives sur certains produits agricoles, appelant le ministère du Commerce à intervenir pour contrôler les prix et endiguer les effets d’une spéculation qu’il juge directement responsable du renchérissement des aliments pour bétail et, en cascade, des prix des moutons à l’approche de la fête.

Entre 1 300 et 1 750 dinars sur le marché

Concernant les tarifs attendus pour l’Aïd, le président du syndicat a indiqué qu’un mouton jugé « acceptable » pour les ménages tunisiens se négocie actuellement entre 1 300 et 1 750 dinars, avec un prix au kilogramme avoisinant 22 dinars pour un animal de 40 à 45 kilogrammes.

La marge des intermédiaires alourdit la facture

Ouadhour a tenu à distinguer les prix pratiqués directement par les éleveurs de ceux imposés par les intermédiaires et revendeurs. Il a relevé que plusieurs acteurs extérieurs au secteur agricole investissent désormais dans le commerce des moutons à l’approche de l’Aïd, contribuant à creuser l’écart entre le prix à la sortie de l’élevage et celui supporté par le consommateur final. Un mouton vendu aux alentours de 1 500 dinars chez l’éleveur peut ainsi atteindre 1 700 dinars après le passage par la chaîne de commercialisation.