Condamnation de Zied El Heni : le SNJT dénonce un « acharnement judiciaire » et exige l’abandon des poursuites contre les journalistes
Pour la deuxième fois en moins de trois ans, le journaliste écope d’une peine privative de liberté, cette fois pour une simple publication Facebook.
Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a vivement condamné le jugement rendu ce jeudi par le tribunal de première instance de Tunis, condamnant le journaliste Zied El Heni à un an de prison ferme pour une publication sur son compte Facebook personnel dans laquelle il évoquait sa participation à un séminaire de dialogue.
Une « loi Ben Ali » sortie des tiroirs
Le journaliste a été poursuivi sur le fondement de l’article 86 du Code des télécommunications, un texte répressif datant de l’ère Ben Ali, que le SNJT qualifie de « loi de l’autoritarisme ». Le syndicat dénonce le recours à ce texte dans une affaire directement liée à la liberté d’opinion, d’expression et au travail journalistique, y voyant une tentative de criminaliser la parole et de contourner le décret-loi n°115 de 2011 relatif à la liberté de la presse, de l’imprimerie et de l’édition — seul cadre légal légitime, selon lui, pour traiter des affaires de presse et de publication.
Un deuxième emprisonnement en moins de trois ans
Le SNJT souligne que Zied El Heni fait face pour la deuxième fois en moins de trois ans à une peine privative de liberté en raison de ses opinions et de ses prises de position médiatiques, ce qui constitue, selon le syndicat, une forme manifeste d’acharnement judiciaire. Il met en garde contre les répercussions graves de ce climat sur l’exercice du journalisme en Tunisie, estimant que les poursuites répétées contre les professionnels des médias ont instauré un environnement de peur et d’autocensure, portant atteinte à la qualité du débat public et au droit des citoyens à une information libre, plurielle et indépendante.
Quatre exigences fermes
Dans son communiqué, le SNJT formule quatre demandes : l’arrêt immédiat des poursuites contre les journalistes pour leurs opinions ou leurs travaux ; le respect des garanties constitutionnelles et légales relatives à la liberté d’expression et de la presse ; l’adoption exclusive du décret-loi n°115 comme cadre juridique applicable aux affaires de presse ; et la cessation du recours aux lois répressives pour museler les voix indépendantes.
Le syndicat appelle l’ensemble des journalistes, ainsi que les forces démocratiques, les organisations des droits de l’Homme et la société civile, à poursuivre la défense de la liberté de la presse, qu’il considère comme un pilier fondamental de toute société démocratique et une garantie essentielle du droit des citoyens à l’information.