Créances CNAM : l’Ordre des pharmaciens active une cellule de crise
Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens a annoncé la création officielle d’une cellule de crise, qui se tiendra en réunion permanente pour suivre l’évolution du dossier des créances dues par la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM).
Cette cellule sera également chargée de coordonner les mesures correctives à venir, dans l’objectif de préserver la continuité du système de santé et l’intérêt des patients, alors que la crise financière s’aggrave et fait peser une menace sur plusieurs acteurs du secteur sanitaire privé.
Une réunion urgente avec les structures professionnelles
Cette décision fait suite à une réunion de travail urgente convoquée par le président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, Mustapha Laroussi. Selon un communiqué de l’Ordre, cette rencontre a réuni le président du Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées, Zoubeir Guiga, accompagné d’une délégation syndicale, le président du Syndicat tunisien des biologistes privés, Khalil Ben Abdallah, ainsi que le président de la Chambre nationale des grossistes répartiteurs en médicaments, Hazem Ghouel.
Un secteur de la santé sous étranglement financier
Les échanges ont porté sur ce que les participants ont décrit comme un « étranglement financier aigu » frappant l’ensemble des acteurs de la chaîne du médicament et des services de biologie médicale. Cette réunion intervient dans un climat tendu, marqué par des prises de position fermes, notamment les motions de l’instance nationale du Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées, qui menace de suspendre le conventionnement avec la CNAM à partir du 1er juillet. Elle fait également suite au communiqué du Syndicat tunisien des biologistes privés, appelant à une assemblée générale extraordinaire face aux difficultés persistantes de recouvrement rencontrées par les laboratoires.
Des délais de paiement non respectés
Les participants ont dénoncé le non-respect répété des délais légaux de paiement par la CNAM, une situation qui touche désormais également le secteur de la distribution en gros des médicaments, avec le risque de fragiliser l’ensemble de la chaîne thérapeutique et de priver les patients tunisiens de leur droit constitutionnel à la santé.
Un appel pressant aux autorités
Les structures professionnelles ont réitéré leur appel urgent à l’autorité de tutelle et à l’ensemble des parties concernées, afin qu’elles assument pleinement leurs responsabilités. Elles réclament une intervention immédiate pour assurer la continuité des services de santé, préserver la chaîne du médicament et éviter un blocage qui semble désormais imminent.
Selon les représentants du secteur, le maintien de cette situation pourrait compromettre directement l’accès des patients aux médicaments, aux analyses médicales et aux soins dispensés par le secteur privé conventionné avec la CNAM.