Kaïs Saïed plaide pour l’autosuffisance alimentaire et un soutien accru aux petits agriculteurs

22-10-2026

Reçu mercredi au palais de Carthage, le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzedine Ben Cheikh, s’est entretenu avec le président de la République, Kaïs Saïed, selon un communiqué de la présidence.

À cette occasion, le chef de l’État a affirmé que l’agriculture est un pilier de la sécurité nationale et de la souveraineté du pays. Selon lui, la Tunisie possède les richesses, le savoir-faire ancestral et les compétences nécessaires pour atteindre l’autosuffisance alimentaire. Il a appelé à mieux tirer parti des instituts agronomiques spécialisés, vieux de plus d’un siècle et pionniers en Afrique, ainsi qu’à valoriser les résultats de la recherche scientifique et les thèses universitaires devenues des références à l’international.

Campagne oléicole : soutenir les petits producteurs

Pour la campagne oléicole, Kaïs Saïed a préconisé des crédits à des conditions avantageuses, de nouvelles lignes de financement et un prix de référence garantissant les droits des petits agriculteurs. Il a également plaidé pour un renforcement des capacités de stockage de l’Office national de l’huile (ONH) et une meilleure promotion de l’huile d’olive tunisienne à l’étranger.

Concernant les producteurs de dattes, il a dénoncé les pratiques de certains intermédiaires qui feraient volontairement baisser les prix d’achat, et réclamé une intervention urgente dans cette filière comme dans les autres secteurs en difficulté.

Patrimoine végétal, engrais et élevage

Le président a demandé aux commissariats régionaux au développement agricole d’intensifier leurs efforts pour protéger le patrimoine végétal, notamment face aux maladies des oliveraies et à la propagation du charançon rouge du palmier. Il a insisté sur une distribution équitable des engrais dans les délais, sans lenteurs administratives, ainsi que sur la disponibilité des semences et des intrants au bon moment. Il a aussi rappelé que plusieurs offices publics ont peu à peu perdu leurs prérogatives, au point de presque disparaître, et souligné l’urgence de reconstituer le cheptel national, dont les effectifs ont fortement diminué malgré l’existence de l’Office de l’élevage.

L’autosuffisance, une question de souveraineté

« Il ne peut y avoir de pleine souveraineté nationale si le peuple dépend de l’alimentation importée », a déclaré Kaïs Saïed. Il a appelé à conjuguer les efforts pour faire de la Tunisie « un pays vert du nord au sud », capable d’accroître sa production, ses exportations et ses richesses. Dans cette perspective, il a évoqué la création de l’Office Rjim Maatoug pour le développement du Sud et du Sahara.