La commission d’enquête sur le drame du décès des bébés divulgue les résultats de ses travaux

15-03-2019

Le président de la commission d’investigation dans les circonstances du décès des nourrissons au centre de gynécologie-obstétrique et de néonatologie de Tunis, Mohamed Douaji, a fait état ce vendredi 15 Mars, de 15 décès liés à ce drame, lesquels sont en rapport direct ou indirect avec une infection nosocomiale.

Le chef de service de néonatologie et de réanimation néonatale a déclaré d'emblée que pendant la période du 04 au 15 Mars, le nombre définitif de décès est de 22, "dont deux ne peuvent être considérés en tant que tels car, il s’agit de fœtus de six mois, en l’occurrence des jumeaux portant des malformations".

Il s’est avéré médicalement que 15 décès sont en rapport avec l’infection nosocomiale, alors que 05 n’ont pas de relation avec ce sujet, a-t-il dit, signalant que ce dossier est clos, et si un décès venait à intervenir demain ou après-demain, il n’aura rien à voir avec cette affaire.

Dr Douagi qui travaille à l'hôpital militaire en tant que civil, a encore expliqué que "l’expertise médicale a révélé que 13 décès de bébés sont liés à ce drame, les deux autres pouvaient avoir été infectés  deux jours avant, et n’ont pas de lien avec la défaillance enregistrée".

Le premier décès a été enregistré le mercredi 06 Mars, huit (08) décès se sont produits le jeudi 07 Mars et deux (02) décès sont survenus le vendredi 08 Mars. Deux cas ont été enregistrés dans la nuit de samedi à dimanche, -t-il fait savoir. 

Les 15 nouveau-nés décédés étaient déjà malades, 13 bébés pesaient moins de deux kg et 14 d’entre eux étaient des prématurés, a-t-il dit.

Depuis le dimanche 10 Mars, aucune mort liée à cette affaire n’a été enregistrée, a-t-il affirmé.

Il a encore indiqué que "le vendredi, la chef de service de néonatologie a arrêté d’elle-même la solution parentérale, après avoir constaté ces décès qui intervenaient selon les cas après 20 minutes, une heure et demie ou trois heures".

Le décès est provoqué par une infection nosocomiale dont l'origine n'est pas encore connue
Le président de la commission a attesté avec certitude, que la mort était liée à une infection nosocomiale qui existait déjà dans la poche alimentaire, avant qu’elle ne soit administrée aux bébés et n’est pas liée à la manipulation. «La poche était contaminée lorsqu’elle est arrivée aux bébés». Il a néanmoins souligné que la provenance de l’infection n’est pas encore connue, et l’on ignore à quel moment la solution parentérale a été contaminée, est-ce lors de la préparation, de la conservation, etc.  chose qui nécessite des analyses supplémentaires.

D’ici le 27 Mars, aucune information médicale ne peut être donnée, a-t-il dit, soulignant que les résultats des analyses envisagées sont attendues tant par la commission d’enquête que par le parquet.

Il a affirmé "qu’aucun médicament, sérum ou protide n’étaient périmés, et qu’aucune substance toxique n’a été ajoutée à la solution, comme l’ont prouvé les recherches toxiques effectuées".

Il a ajouté que depuis vendredi dernier, les solutions parentérales sont préparées, par mesure préventive, à l’hôpital d’enfant de Bab Saâdoun et au centre de greffe.

Quelque 13 à 15 mille bébés naissent tous les ans au centre de gynécologie-obstétrique et de néonatologie Wassila Bourguiba, dont 500 à 600 bébés sont mis au monde avec des problèmes et des pathologies et sont hospitalisés au service de 3ème étage. "En 2011, cinq spécialistes dont 4 agrégés étaient affectés à ce service. Quatre sont partis, et quatre autres y sont arrivés dont deux sont partis l’un en Arabie saoudite, et l’autre à la retraite anticipée".

A l’heure qu’il est, il n’y a que deux médecins dans ce service, a-t-il dit, déplorant le manque de médecins, d’infirmiers, et de lits dans les services de maternité et de néonatologie.

Il a encore souligné que la commission comptait présenter "des recommandations urgentes et immédiates dans les 48 heures à la ministre de la Santé, pour assurer un bon niveau de soins dans le service, le temps de mettre en place des solutions pérennes sur le long terme".

Dr Douaji a, en préambule, affirmé que la commission d’enquête est indépendante et compte 12 membres. Sa composition a été modifiée après la conférence de presse de la ministre de la Santé par intérim, de lundi dernier. Des membres ont dû la quitter car ils étaient réquisitionnés par la justice pour effectuer les analyses, d’autres ont été choisis pour en faire partie de part leur spécialité, la LTDH y a siégé en tant qu’observateur, a-t-il fait savoir.

Les deux enquêtes judiciaire et médicale ont été menées parallèlement dans le respect mutuel, a assuré Dr Douâgi. 

Le président de la LTDH, Jamel Msalmi, a affirmé n’avoir constaté aucune interférence ou tentative d’influencer les travaux de la commission de quelque partie que ce soit, en dehors du champ médical. ET que s’il avait constaté une tentative d’en influencer les travaux, il n’aurait pas hésité à le dire.

La Rédaction