La Tunisie réaliserait un taux de croissance de 4 % en 2021 (Banque mondiale)

09-06-2021

La Tunisie devrait afficher une croissance de 4 % en 2021, contre -8,8 % en 2020, prévoit la banque mondiale dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales.

Malgré les perturbations engendrées par la pandémie, la hausse des prix pétroliers a généralement soutenu l’activité économique dans les pays exportateurs de pétrole (…).

Plusieurs pays importateurs de pétrole ont connu au début de 2021 une recrudescence des cas de COVID-19 qui a ralenti la croissance en République arabe d’Égypte, en Jordanie, au Liban et en Tunisie.

Les autorités nationales ont pris de nouvelles mesures en 2021 pour lutter contre les effets de la pandémie.

L’Arabie saoudite a lancé un système de paiement instantané, élargi le programme de garanties et de délais de grâce, et assoupli les règles d’emploi applicables aux expatriés. L’Égypte a relevé le salaire minimum des fonctionnaires, prolongé le moratoire sur les charges frappant la plupart des opérations financières et pris d’autres mesures pour accroître les prêts. Les États arabes unis ont pris des mesures qui favorisent les participations étrangères.

La production dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) devrait augmenter de 2,4 % en 2021, ce qui correspond à une progression plus soutenue que prévu mais inférieure à la moyenne de la dernière décennie (2010-2019). La région devrait bénéficier du récent redressement des prix pétroliers, de l’augmentation de la demande extérieure et de l’atténuation des perturbations économiques dues à la pandémie. Avec l’accélération de la vaccination, l’assouplissement des restrictions de déplacement, l’allègement des réductions de la production pétrolière et l’atténuation des problèmes budgétaires, la croissance devrait s’accélérer à 3,5 % en 2022. Néanmoins, les perspectives sont incertaines et dépendent de l’évolution de la pandémie, de l’accès aux vaccins et de la volonté des populations de se faire vacciner.

Dans les pays exportateurs de pétrole, la hausse des prix pétroliers favorisera la croissance et le redressement des recettes publiques (…).

La pandémie restera un frein à la croissance dans les pays importateurs de pétrole. En Égypte, la croissance devrait ralentir à 2,3 % sur l’exercice 2020/21, la pandémie ayant entraîné un ralentissement dans les secteurs du tourisme, de l’industrie manufacturière et de l’extraction pétrolière et gazière, avant de se redresser pendant l’exercice 2021/22. Au Maroc, la production devrait rebondir à 4,6 % en 2021 sous l’effet de plusieurs facteurs : diminution des problèmes liés à la sécheresse, maintien de politiques accommodantes et allègement des restrictions imposées aux déplacements internes. Dans les pays en proie à la fragilité, aux conflits et à la violence, les perspectives sont mitigées.

En Libye, la formation d’un gouvernement d’unité intérimaire et la levée de l’embargo sur le pétrole devraient rétablir l’activité économique à un niveau proche de celui atteint en 2019. En Iraq, la production devrait progresser grâce à la hausse de la production pétrolière, mais sans pouvoir toutefois inverser la hausse sensible des taux de pauvreté. Au Liban, on s’attend à une nouvelle baisse de l’activité économique en 2021.

Les risques de dégradation sont prépondérants et liés à la possibilité d’une résurgence de la pandémie, aux retards dans la distribution des vaccins, à la baisse des prix pétroliers dans le contexte d’une faible diversification économique, à la hausse des prix agricoles et à l’insécurité alimentaire, ainsi qu’aux conflits et aux tensions sociales. Le manque de diversification économique reste problématique du fait que la demande pétrolière devrait rester inférieure aux niveaux pré-COVID jusqu’à la fin de 2023. L’agitation sociale et les conflits constituent des risques récurrents pour la région. La hausse des prix des denrées alimentaires, conjuguée aux situations de fragilité et de conflit, aux risques politiques et aux flambées récurrentes de COVID-19, sont autant de facteurs qui exposent la région à des risques économiques et sociaux importants (…).

L’économie mondiale devrait croître de 5,6 % en 2021, affichant ainsi un rebond post-récession d’une ampleur sans précédent en 80 ans. Cette reprise tient en grande partie au redressement vigoureux de quelques grandes économies, tandis que de nombreuses économies émergentes et en développement sont encore aux prises avec la pandémie de COVID-19 et ses retombées.

Malgré la reprise, la production mondiale fin 2021 sera inférieure d’environ 2 % aux prévisions pré-COVID. Dans les deux tiers des économies émergentes et en développement, les pertes de revenu par habitant subies en 2020 ne seront pas recouvrées en 2022. Dans les pays à faible revenu, où la vaccination a pris du retard, les effets de la pandémie ont effacé les progrès réalisés dans la lutte contre la pauvreté et aggravé l’insécurité et d’autres problèmes de longue date.

D’après Communiqué

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