Trump suspend l’escorte navale dans le détroit d’Ormuz, invoquant des « progrès considérables » avec Téhéran
Washington gèle temporairement le « Projet Liberté » tandis que la diplomatie s’active entre Pékin, Téhéran et Washington
Donald Trump a annoncé la suspension temporaire de l’opération d’escorte des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, citant des avancées significatives dans les négociations en cours avec l’Iran. Le président américain a précisé que le blocus restait néanmoins maintenu dans ce passage maritime stratégique, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial.
Le dispositif militaire américain, baptisé « Projet Liberté » et déployé depuis à peine vingt-quatre heures, sera « suspendu pendant une courte période pour voir si l’accord peut être finalisé et signé », selon les termes employés par le président américain.
La diplomatie chinoise en première ligne
En marge de ces développements, le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, s’est entretenu à Pékin avec son homologue chinois Wang Yi. L’agence d’État Chine Nouvelle a confirmé la rencontre sans en préciser la teneur.
La réunion intervient dans un contexte de forte pression américaine sur Pékin. Le secrétaire d’État Marco Rubio avait appelé, mardi, la Chine à user de son influence sur Téhéran. « J’espère que les Chinois diront à Araghtchi ce qu’il faut entendre : ce que vous faites dans le détroit vous isole internationalement », avait-il déclaré devant la presse.
Pékin a des intérêts économiques directs dans la résolution de la crise. La Chine est le principal débouché du pétrole iranien — plus de 80 % des exportations de brut de Téhéran lui étaient destinées avant le conflit, selon la société d’analyse Kpler. Plus de la moitié des importations chinoises de pétrole acheminé par voie maritime proviennent du Moyen-Orient et transitent majoritairement par le détroit d’Ormuz.
Sans jamais hausser publiquement le ton contre Washington ni afficher un soutien appuyé à Téhéran — afin de ménager ses partenaires du Golfe —, la diplomatie chinoise est créditée d’avoir joué un rôle central dans l’établissement du fragile cessez-le-feu convenu entre les deux capitales. Pékin continue d’œuvrer discrètement mais activement à la stabilisation de la région.