Tunisie : Le gouvernement multiplie les propositions, l’UGTT toujours récalcitrante

23-01-2019

Le feuilleton des négociations salariales dans la fonction publique n’a pas encore connu son épilogue. Le gouvernement fait profil bas, multiplie les propositions et dit son attachement à parvenir à un accord de manière à éviter la grève redoutable du 17 janvier. Intransigeante, l’UGTT met la barre très haut et refuse toute concession.

L’influente organisation syndicale multiplie les pressions et se montre rude à la négociation. Parallèlement aux pourparlers qu’elle mène avec la partie gouvernementale, jusque-là infructueux, elle publie une avalanche de communiqués sur la préparation de la grève du 17 janvier, au sujet de laquelle, elle ne cesse d’entretenir la peur, et de prédire les pires scénarios.

Après de successives séances de dialogue, et plusieurs tête-à-tête entre son Secrétaire Général et le chef du gouvernement, aucune offre ne trouve grâce à ses yeux. Le gouvernement a pourtant doublé la mise, s’agissant de l’enveloppe qu’il propose d’allouer à la majoration des salaires des fonctionnaires, sa proposition est encore irrecevable. 

Hfaïdh Hfaïdh, Secrétaire Général adjoint, a déclaré ce mardi sur Shems que la dernière proposition du gouvernement oscille entre 70 et 130 dinars, selon les catégories.

Le gouvernement a suggéré au départ 400 millions de dinars, puis 700 millions de dinars, et hier son offre a progressé en quelque sorte, en préconisant des augmentations pour des catégories supérieures, et d’autres pour celles inférieures, a-t-il fait savoir.

"Le gouvernement propose 130 dinars pour la catégorie A1, et 70 dinars pour les agents de l’Etat, les catégories C et D, une proposition qui est encore très loin", a-t-il indiqué, signalant que la proposition gouvernementale se limite à deux années uniquement 2017 et 2018, alors que le secteur public a obtenu des majorations de 270 dinars sur trois ans 2017, 2018, 2019.

Il n’est pas question pour la centrale syndicale que les fonctionnaires soient moins lotis que leurs collègues du secteur public. "Si l’on va accepter l’approche du gouvernement, qui est celle de consentir une majoration sur deux ans, tout en prévoyant de nouvelles négociations au titre de 2019 ultérieurement, il faut que l’augmentation ne soit pas inférieure au 2/3 du secteur public, soit 180 dinars", a réclamé le responsable syndical. 

A cette exigence, le gouvernement répond que la situation du secteur public et de la fonction publique, n’est pas la même. Dans le premier, les augmentations sont assumées par les entreprises, alors que dans la seconde, elles sont supportées par l’Etat, dont les finances sont en difficulté, et qui est astreint de comprimer la masse salariale, jugée par le FMI, comme étant parmi les plus élevées par rapport au PIB, en se situant aux alentours de 15 %.

Le gouvernement évoque également la crainte de revenir à la case départ en termes de déficit budgétaire, après les efforts consentis pour le tirer vers le bas.  

Lors de sa dernière intervention télévisée, Youssef Chahed avait mis en garde contre le retour de nouveau à la même spirale de l’endettement, et de la hausse du déficit budgétaire, qui a pu être comprimé pour se situer à 4,9 en 2018, après avoir été de 7,6 % avant deux ans, et que le gouvernement compte baisser davantage pour le ramener à 3,9 en 2019.

Le locataire de la Kasbah s’est dit être responsable des équilibres financiers, ainsi que des générations futures, dont il ne veut pas hypothéquer l’avenir, en recourant à plus de dette. Le syndicat n’en a cure, quel que soit l’argumentaire qu’on lui présente, il est déterminé à avoir le dernier mot.


Gnet