Affaire de « l’appareil secret » d’Ennahdha : le jugement attendu ce mardi

01-06-2026

La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis rendra son jugement ce mardi dans l’affaire dite de « l’appareil secret du Mouvement Ennahdha », a indiqué une source judiciaire à l’agence TAP.

35 accusés, dont Ghannouchi et Laârayedh

Quelque 35 accusés sont impliqués dans ce dossier : cinq sont en détention, douze poursuivis en état de liberté, onze en cavale, et sept autres détenus dans le cadre d’affaires connexes. Parmi les figures les plus en vue figurent le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, son vice-président Ali Laârayedh, plusieurs anciens responsables sécuritaires, ainsi que Mustapha Khedher, par ailleurs impliqué dans l’affaire dite de la « chambre noire ». La Chambre avait décidé vendredi dernier de renvoyer l’affaire au 2 juin afin de permettre aux accusés de prendre la parole dans le cadre de leur défense avant le prononcé du verdict.

Une affaire née des assassinats de Belaïd et Brahmi

L’affaire remonte au début de l’année 2022, à la suite d’une plainte déposée par le ministère public et par le collectif de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, assassinés respectivement en février et juillet 2013. Le collectif soutient qu’Ennahdha serait impliqué dans ces deux meurtres via une structure parallèle qualifiée d’ « appareil secret », qui aurait mené des activités d’espionnage, de collecte de renseignements et d’infiltration au sein des institutions de l’État, sous la direction présumée de Rached Ghannouchi.

Le dossier avait été transmis au Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme en septembre 2023, avant d’être déféré au ministère public près la Cour d’appel de Tunis en juillet 2024, à l’issue de l’instruction.

Ennahdha dénonce une instrumentalisation politique

Le mouvement Ennahdha a constamment nié l’existence de tout « appareil secret » en son sein, rejetant l’ensemble des accusations. Il estime que cette affaire revêt un caractère politique et que les poursuites visant ses dirigeants s’inscrivent dans les « tractations politiques » ayant marqué la scène nationale depuis 2021.