Boris Johnson toujours en soins intensifs, la décrue n’est pas là en Europe

07-04-2020

AFP – La santé de Boris Johnson, malade du Covid-19, s’est brutalement dégradée : le Premier ministre britannique est en soins intensifs mardi, alors que la décrue espérée de la pandémie ne s’est pas vraiment confirmée en Europe.

L’inquiétude est forte au Royaume-Uni, après l’admission de son dirigeant dans une unité de soins intensifs lundi soir.

« Le Premier ministre a reçu un soutien en oxygène et il reste sous étroite surveillance », mais il n’a « pas été placé sous respirateur », a indiqué le ministre d’Etat Michael Gove, sur la radio LBC.

La nouvelle « illustre à quel point ce virus ne fait aucune différence entre les gens. N’importe qui, où que ce soit, y compris les plus privilégiés dans notre société, peut être affecté et tomber gravement malade », souligne Linda Bauld, professeur de médecine de l’université d’Edimbourg.

Le conservateur, âgé de 55 ans, est le seul chef d’Etat ou de gouvernement d’une grande puissance à avoir contracté la maladie, qui a fait plus de 73.000 morts dans le monde.

Prié « de le remplacer là où nécessaire », le chef de la diplomatie Dominic Raab s’est engagé lundi à agir pour « vaincre le coronavirus » durant la période d’hospitalisation de son chef : avec plus de 50.000 personnes testées positives et 5.373 décès, le Royaume-Uni est devenu l’un des pays d’Europe les plus durement touchés.

Des messages de soutien ont afflué de toutes parts, du côté des Européens ou de Donald Trump, qui a souhaité un prompt rétablissement à son « très bon ami ».

Pourtant, l’Europe, le continent le plus frappé par la pandémie, espérait une confirmation de la lueur d’espoir du week-end, lorsque le nombre de décès avait baissé dans les deux pays en première ligne, l’Italie et l’Espagne.

Mais si la tendance s’est poursuivie en Espagne, le bilan est reparti à la hausse en Italie lundi, avec 636 décès supplémentaires en 24 heures dans le pays le plus endeuillé au monde (plus de 16.500 morts). Et la France a aussi annoncé un nombre important de décès, 833 de plus, soit 8.911 depuis début mars.

« Le confinement durera aussi longtemps qu’il est nécessaire qu’il dure »

La France est entrée mardi dans sa quatrième semaine de confinement pour lutter contre le coronavirus, mais elle est loin d’être encore au bout de ses peines, avec près de 9.000 morts et en dépit de quelques lueurs d’espoir.

Après tant de jours d’un confinement inédit sur tout le territoire national, pas question de relâcher les efforts faits jusqu’à présent pour lutter contre l’épidémie, a réaffirmé mardi le gouvernement.

« Le confinement durera aussi longtemps qu’il est nécessaire qu’il dure » car « nous ne sommes pas encore au pic épidémique », a déclaré le ministre de la Santé Olivier Véran, ajoutant « qu’il ne faut pas parler trop tôt du déconfinement ».

Avec les beaux jours qui reviennent et les vacances de Pâques qui ont débuté dans la zone C (Île-de-France et Occitanie), le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a demandé aux préfets « d’examiner au cas par cas » et en lien avec les maires la « nécessité de durcir les mesures ».

A la Réunion, neuf personnes, dont six membres d’une même famille, se sont ainsi enfuies lundi du centre de quatorzaine obligatoire où elles avaient été placées à leur arrivée dans l’île.

En revanche, la Chine n’a recensé aucun nouveau décès quotidien pour la première fois depuis que sont publiées les statistiques de victimes du coronavirus.

A Wuhan, berceau de l’épidémie, les restrictions à la sortie de la ville doivent être levées mercredi, deux mois et demi après la mise en quarantaine de la métropole de 11 millions d’habitants.

Mais seules les personnes en bonne santé seront autorisées à quitter la ville du centre de la Chine, même si la capitale, Pékin, reste fermée aux voyageurs originaires du Hubei, la province de Wuhan.

Le voisin japonais, de son côté, devrait entrer dans l’état d’urgence mardi, dans sept régions de l’Archipel, dont Tokyo, une mesure assortie d’un plan d’aide à l’économie de 915 milliards d’euros.

La chancelière allemande Angela Merkel a souhaité une Union européenne plus forte, admettant que le bloc des 27 faisait face « à sa plus grande mise à l’épreuve » depuis sa fondation. Elle doit devenir plus « souveraine », notamment dans la production de masques sanitaires, qui proviennent aujourd’hui majoritairement d’Asie et font l’objet d’une guerre commerciale sans pitié, voire de trafics.

Angela Merkel a exigé « plus d’Europe, une Europe plus forte et une Europe qui fonctionne bien ».
omo, gouverneur de l’Etat de New York, épicentre américain de l’épidémie, a prolongé jusqu’au 29 avril les mesures de confinement, jugeant que ce n’était pas encore « le moment de se relâcher ».

A New York se pose dorénavant la question du sort réservé aux morts, toujours plus nombreux. Au point que la possibilité de devoir procéder bientôt à des « enterrements temporaires » dans un parc, pour soulager des pompes funèbres débordées, a même été évoquée.

« Les hôpitaux nous poussent à venir chercher les corps, mais nous n’avons pas les locaux pour (les) gérer », explique Pat Marmo, qui gère cinq maisons de pompes funèbres à travers la ville.
Il souligne avoir actuellement « trois fois plus » de décès qu’en temps normal. « C’est comme un 11 septembre 2001 qui durerait des jours et des jours », résume-t-il.

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