Escalade entre Washington et Téhéran : le cessez-le-feu du 17 juin vole en éclats

09-07-2026

Le fragile cessez-le-feu conclu le 17 juin dernier entre les États-Unis et l’Iran a volé en éclats mardi, lorsque Washington a lancé une vaste opération militaire contre le territoire iranien, frappant plus de 80 cibles en représailles à des tirs iraniens visant trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz.

Selon l’armée américaine, ces frappes ont visé des systèmes de défense antiaérienne, des réseaux de commandement et de surveillance, des installations radar côtières, ainsi que des capacités de missiles antinavires, en plus de plus de soixante embarcations appartenant au Corps des Gardiens de la révolution islamique, positionnées dans et autour du détroit.

La riposte iranienne n’a pas tardé : les Gardiens de la Révolution ont annoncé, dès mercredi, avoir frappé 85 installations situées sur des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, revendiquant par ailleurs la destruction d’un drone américain.

Ce scénario rappelle étrangement celui de fin février, lorsque les États-Unis, accusant déjà l’Iran d’avoir visé des navires, avaient bombardé le pays, entraînant des représailles iraniennes similaires contre le Koweït et Bahreïn, avant qu’un accord ne mette provisoirement fin aux hostilités.

Cette nouvelle flambée de violences remet ainsi en cause l’accord signé il y a moins d’un mois, qui prévoyait notamment la réouverture du détroit d’Ormuz — voie stratégique par laquelle transite environ 20% du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux — ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien. Washington a d’ores et déjà rétabli ces sanctions.

Sur le plan diplomatique, chaque camp accuse désormais l’autre d’avoir violé le protocole du 17 juin. Téhéran a averti Washington qu’il prendrait des mesures fermes pour protéger sa souveraineté et sa sécurité nationale.

Cette escalade survient dans un contexte politique particulièrement sensible en Iran, le pays achevant tout juste des funérailles nationales de six jours en hommage au guide suprême Ali Khamenei, tué le 28 février dernier lors des frappes israélo-américaines qui avaient déclenché le conflit. Les obsèques, débutées le 4 juillet à Téhéran avant de traverser plusieurs villes d’Iran et d’Irak, devaient s’achever ce jeudi 9 juillet par l’inhumation à Machhad.

Par ailleurs, le chef de la diplomatie iranienne s’est entretenu, mercredi soir, avec le Premier ministre du Qatar, dans un contexte de cessez-le-feu de plus en plus fragilisé. Une frappe de drone israélien a par ailleurs fait deux morts dans le sud du Liban, malgré la trêve en vigueur entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

Donald Trump, de son côté, avait annoncé depuis Ankara, où il participait au sommet de l’OTAN, que les États-Unis allaient frapper l’Iran « fort » dans la nuit — une promesse manifestement tenue.