Guerre au Moyen-Orient : entre espoirs de paix et incertitudes, les marchés s’emballent

12-06-2026

Un projet d’accord-cadre en 14 points circule entre Téhéran et Washington, mais l’Iran conditionne toute signature au maintien de son droit à l’enrichissement nucléaire et au contrôle du détroit d’Ormuz.

La diplomatie s’emballe au Moyen-Orient ce vendredi, au lendemain d’une annonce de Donald Trump évoquant l’imminence d’un accord entre Washington et Téhéran pour mettre fin au conflit. Si les marchés financiers mondiaux ont accueilli la nouvelle avec enthousiasme, la réalité des négociations reste bien plus complexe.

L’agence iranienne Mehr a publié ce qu’elle présente comme un projet d’accord-cadre en 14 points, prévoyant une cessation permanente et immédiate des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, ainsi que le déblocage de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l’étranger, dont la moitié avant le lancement des négociations. Mais la diplomatie iranienne a précisé n’avoir « pas encore abouti à une conclusion définitive ».

Sur la question nucléaire, point de blocage central, Téhéran entend maintenir son droit à enrichir l’uranium et conserver sur son territoire ses stocks d’uranium hautement enrichi, des exigences sur lesquelles a buté toute entente jusqu’à présent, malgré des semaines de laborieuses négociations.

Du côté israélien, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a affirmé ce vendredi être « entièrement d’accord » avec Donald Trump pour que l’Iran ne se dote jamais de l’arme atomique, déclarant : « Tant que je serai Premier ministre d’Israël, l’Iran ne disposera pas de l’arme nucléaire. »

Sur les marchés, les Bourses asiatiques ont progressé et les prix du pétrole ont reculé, après que Trump a renoncé à sa menace de nouvelles frappes contre l’Iran. Les Bourses mondiales grimpaient vendredi, pariant sur une issue favorable, bien qu’un analyste de Swissquote ait tempéré cet optimisme en soulignant que les marchés « continuent de réagir à des paroles qui ont peu de substance ».

Au Liban, Israël a poursuivi ses frappes, disant vouloir « éliminer » le Hezbollah, qui visait de son côté les positions israéliennes dans le sud du pays.

La situation demeure donc suspendue entre l’espoir d’une désescalade et la persistance de désaccords fondamentaux, dans un conflit qui dure depuis plusieurs mois et dont les répercussions économiques mondiales se font toujours sentir.