Les pharmaciens menacent de suspendre le tiers payant à partir du 1er août face aux impayés de la CNAM
Le bureau national du Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées a décidé de suspendre le système du tiers payant à compter du samedi 1er août 2026, si la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) ne respecte pas, d’ici cette date, l’ensemble de ses engagements financiers et contractuels envers les pharmaciens. Le syndicat précise que le vendredi 31 juillet constituera le dernier délai pour maintenir ce dispositif, en l’absence d’un règlement des sommes dues.
Dans un communiqué publié ce jeudi, le Bureau national explique que cette décision fait suite à l’aggravation de la crise financière que traversent les pharmacies privées, laquelle aurait atteint des niveaux sans précédent en raison de l’accumulation des dettes et du non-paiement des créances. Cette situation a déjà conduit un nombre croissant de pharmacies à cesser, de facto, d’appliquer le tiers payant, faute de pouvoir s’approvisionner correctement en médicaments.
Des engagements non respectés selon le syndicat
Le syndicat affirme que la CNAM n’a pas honoré les engagements écrits et contractuels prévus dans l’accord signé le 15 janvier 2026, malgré de nombreuses correspondances et réunions tenues avec les responsables de la Caisse et du ministère des Affaires sociales. Il rappelle notamment qu’au cours de la réunion du 25 juin 2026, le versement de trois tranches de paiement avait été convenu, alors qu’une seule a finalement été réglée.
Le bureau national dénonce par ailleurs plusieurs pratiques qu’il juge contraires à la loi et aux accords en vigueur : le refus de régler les factures de certains pharmaciens, la fermeture de la plateforme électronique jusqu’alors utilisée et son remplacement par une nouvelle plateforme sans période de transition, ainsi que la multiplication des poursuites judiciaires engagées contre plusieurs officines. Selon le syndicat, ces mesures menacent la pérennité des pharmacies et leur capacité à assurer l’approvisionnement en médicaments.
Vers des procédures judiciaires et un appel à l’intervention du gouvernement
Le syndicat a chargé son service juridique d’engager les procédures judiciaires et administratives nécessaires afin de contraindre la CNAM à respecter la législation, les conventions et ses engagements contractuels, tout en assurant le suivi des dossiers relatifs aux poursuites visant certaines pharmacies.
Il a enfin appelé la cheffe du gouvernement, ainsi que les ministres de la Santé, des Affaires sociales, du Commerce et des Finances, à intervenir en urgence afin de sauver le secteur et de garantir la continuité de l’approvisionnement des citoyens en médicaments, soulignant que les pharmacies privées constituent « un pilier essentiel de la sécurité sanitaire et pharmaceutique nationale ».