Plénière de dialogue lundi à l’Assemblée avec le gouverneur de la BCT

21-02-2019


L’Assemblée des représentants du peuple tiendra lundi 25 février 2019 une plénière de dialogue avec le gouverneur de la banque centrale de Tunisie (BCT), comme l’a décidé le bureau de l’ARP à l’issue de la tenue ce jeudi de sa réunion sous la présidence de Mohamed Ennaceur. Cette plénière sera consacrée au relèvement du taux d’intérêt directeur et à la dépréciation du dinar.

La décision du conseil d’administration de la banque centrale, mardi dernier, de relever de 100 points de base, le taux d’intérêt directeur a suscité de larges réactions. Partis politiques et organisations nationales ont rejeté cette mesure qui, dessert, à leurs yeux, l’économie et contribue à la paupérisation des Tunisiens.

"Une décision unilatérale"
L’UTICA a considéré que "cette décision ne représentait pas une solution aux problèmes dans lesquels se débat l’économie nationale, et revenait à persister dans la politique de fuite en avant, au lieu de trouver des solutions sérieuses à de tels problèmes, comme le fait d’œuvrer à arrêter la détérioration du dinar, la maîtrise du taux d’inflation ayant porté préjudice à l’entreprise économique, outre la nécessité de faire face à l’ampleur prise par la contrebande et le commerce parallèle".

Cette décision aura des répercussions fort négatives sur le rythme de l’investissement, et va contribuer à la hausse du coût de financement de l’entreprise, dans la mesure où elle va donner lieu à une hausse de près de 15 % dans le coût des crédits, prévient-elle.

Le relèvement du taux d’intérêt directeur est de nature "à affaiblir la capacité des entreprises à honorer leurs engagements envers les établissements bancaires et financiers", ajoute l’organisation patronale dans un communiqué paru hier.

L’UTICA a dit rejeter ces "décisions unilatérales" qui ne tiennent pas compte de la situation de l’entreprise et met en garde contre leurs conséquences sur les plans économique et social.

L’UTAP pointe "une décision unilatérale" qui ne pourrait constituer une solution pour surmonter les problèmes structurels et les contraintes intérieures et extérieures, dont souffre l’économie nationale.

L’organisation agricole déplore dans un communiqué rendu public ce jeudi les répercussions négatives de pareille décision sur la cadence de l’investissement dans le secteur agricole, et de la pêche, et l’accumulation des dettes des agriculteurs.

La CONECT met en garde ce même jour contre "les répercussions graves des augmentations importantes et continues du coût du financement des entreprises, sur leur capacité compétitive, sur les plans national et international, a fortiori que les concurrents étrangers bénéficient de coûts de financement extrêmement faibles et encourageants".

"Ces augmentations continues et surprenantes du taux d’intérêt directeur à un rythme effréné impactent d’une manière directe et négative l’investissement et l’avenir des projets, les équilibres financiers des entreprises et leur capacité à faire face à leurs engagements bancaires", prévient la confédération.

La CONECT appelle "à rompre avec la démarche traditionnelle de tenter de maîtriser l’inflation à travers l’augmentation du taux d’intérêt directeur, et à œuvrer à maîtriser les problèmes d’inflation et de glissement de dinar en faisant face à leurs causes réelles".

Spirale prix-salaires préjudiciable à l’économie
Le gouverneur de la banque centrale, Marouan Abassi, a imputé le relèvement du taux d’intérêt directeur de 100 points de base pour le faire passer à 6,75 % à 7, 75 %, à la "hausse sans précédent de l’inflation", prévoyant une baisse du taux d’inflation à moins de 7 % à la fin de l’année 2019.

En janvier 2019, l’inflation globale s’est établie à 7,1%. Cette relative détente ne doit en aucun cas dissimuler les pressions susceptibles d’entretenir les tensions inflationnistes pour la période à venir, indique la banque des banques.

Au sujet du dinar, la BCT souligne qu’il s’est déprécié, en moyenne, de 12,9% contre l’euro et de 8,6% contre le dollar américain. Cette dépréciation s’est transmise rapidement aux prix intérieurs, contribuant à la persistance des tensions inflationnistes.

"Les hausses passées et récentes des salaires ; qui confèrent un pouvoir d’achat additionnel ; lesquels constituent la charge principale qui incombe aux entreprises, risquent d’entretenir une spirale prix-salaires très préjudiciable à l’économie", ajoute-t-elle.

"La Banque centrale, dont le mandat est de veiller à la stabilité des prix", s'engage "à ne ménager  aucun effort pour juguler l’inflation".

Gnet

 

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