Réserves en devises : la Tunisie sous pression avant l’échéance de 700 millions d’euros du 15 juillet

06-07-2026

L’économiste Moez Soussi a estimé, ce lundi 6 juillet 2026, que le recul des réserves en devises tunisiennes, désormais équivalentes à 97 jours d’importations, contre 100 jours un an plus tôt, ne relève pas d’un simple phénomène conjoncturel, mais traduit des déséquilibres structurels profonds de l’économie nationale.

S’exprimant sur les ondes d’Express FM, il a rappelé qu’au 3 juillet 2026, une journée d’importations représentait un coût d’environ 253 millions de dinars, ce qui rend le niveau des réserves particulièrement sensible à toute accélération des importations.

Selon l’expert, le creusement du déficit commercial explique en grande partie cette évolution : si les exportations ont progressé de près de 5% sur les cinq premiers mois de 2026, les importations ont bondi de 9,6%, faisant chuter le taux de couverture des importations par les exportations de 76,2% à 73%. Le déficit commercial s’est ainsi alourdi de 2,048 milliards de dinars, soit l’équivalent de huit jours d’importations.

Le déficit énergétique demeure toutefois, selon Soussi, le principal point noir : il s’est dégradé de 1,493 milliard de dinars à fin mai par rapport à l’an dernier, représentant à lui seul près des trois quarts du déficit commercial global. L’économiste a également pointé du doigt les répercussions du conflit avec l’Iran et des tensions dans le détroit d’Ormuz sur les cours mondiaux du pétrole, désormais compris entre 72 et 73 dollars le baril, loin des 63,3 dollars retenus dans la loi de finances 2026, chaque dollar supplémentaire coûtant environ 170 millions de dinars au budget de l’État.

Mais c’est surtout l’échéance du 15 juillet qui inquiète : la Tunisie doit alors rembourser un emprunt extérieur de 700 millions d’euros contracté en 2019, pour un montant total avoisinant 2,5 milliards de dinars, soit dix jours d’importations à lui seul. Une coïncidence calendaire avec l’aggravation du déficit commercial qui, selon Soussi, réduit d’autant la marge de manœuvre financière du pays.

Face à ce constat, l’économiste a plaidé pour des réponses structurelles : renforcement des capacités exportatrices, soutien à la saison touristique, encouragement des transferts de la diaspora, attraction des investissements étrangers et meilleure programmation des financements extérieurs. Il a par ailleurs évoqué le récent prêt de 500 millions de dollars accordé par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), destiné notamment à soutenir le budget de l’État et à financer les importations de produits pétroliers.