Affaire Chokri Belaïd : la Cour d’appel alourdit les peines de Béchir Akremi à 29 ans de prison
La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près la Cour d’appel de Tunis a confirmé la condamnation de l’ancien procureur de la République révoqué, Béchir Akremi, tout en aggravant les peines prononcées contre lui dans deux dossiers distincts liés au traitement judiciaire de l’assassinat de Chokri Belaïd. Sa peine cumulée passe ainsi de 23 à 29 ans de prison.
Dans le premier dossier, en lien direct avec l’assassinat du dirigeant de gauche, la peine infligée à Béchir Akremi a été portée de 10 à 13 ans de prison. Il était poursuivi notamment pour avoir, en sa qualité de fonctionnaire public, délibérément omis d’exécuter un mandat d’arrêt afin de permettre à un suspect d’échapper aux poursuites judiciaires, ainsi que pour dissimulation de la vérité en abusant des prérogatives de sa fonction.
Dans un second dossier, la Chambre criminelle spécialisée a également alourdi les peines prononcées contre Béchir Akremi, le dirigeant du mouvement Ennahdha Habib Ellouze, ainsi qu’un troisième prévenu, membre de l’organisation Ansar Al-Charia, Hassen Brik. Leur condamnation est passée de 13 à 17 ans de prison, pour des faits liés à la mise de compétences et d’expertises à la disposition de personnes en lien avec des crimes terroristes, au faux intellectuel en rapport avec des infractions terroristes, ainsi qu’à la divulgation d’informations au profit de personnes impliquées dans des activités terroristes.
Au-delà des peines de prison, la juridiction a par ailleurs confirmé la mesure complémentaire de mise sous contrôle administratif des condamnés à l’issue de leur détention.
Ces décisions s’inscrivent dans le prolongement des procédures judiciaires ouvertes autour des dysfonctionnements présumés ayant marqué le traitement judiciaire de l’assassinat de l’opposant tunisien Chokri Belaïd, survenu le 6 février 2013 devant son domicile à Tunis.