Au 8ème jour de grève, exaspération et chaos devant la poste de l’Ariana (Vidéo)

27-08-2019

Dès l’aube, ils étaient déjà une cinquantaine de personnes ce mardi 27 août à attendre devant le rideau fermé du bureau de poste de l’Ariana, à Tunis. C’est depuis le 19 août dernier que les citoyens sont confrontés à cette situation qui commence à devenir pesante.

Il est 9h du matin et le rideau de fer est encore baissé. Femmes, hommes, étudiants, personnes âgés ou handicapés, ils sont tous venus pour espérer retirer de l’argent au guichet.

Une femme en fauteuil roulant essaye de se frayer un coin à l’ombre… « Je suis venue retirer ma pension pour acheter mes médicaments… je n’en ai plus ».

Un autre homme se plaint aussi de cette grève car il n’a pas pu régler les frais d’inscription de l’université pour son fils.

Ou encore cette pauvre femme de 80 ans, canne à la main… « J’attends depuis 7h du matin. J’ai d’abord été dans un autre bureau que j’ai trouvé fermé, puis je suis venue ici…je n’en peux plus et je ne peux pas supporter la cohue », nous a-t-elle confié.

Ce n’est que vers 9h45 que le rideau de la poste s’est enfin ouvert… Les citoyens se sont alors rués vers les guichets… laissant tout de même les femmes et hommes en difficulté, passer devant. Un moment de chaos. Une femme a même chuté devant les portes, courant le risque de se faire piétiner.

Les services de la Poste ont visiblement repris dans ce bureau… mais ce n’est pas le cas dans d’autres à l’image de celui de Borj El Baccouche qui est totalement fermé au public.

Cette grève intervient au moment des versements des salaires et pensions et dans un moment de l’année où de nombreuses dépenses sont à prévoir par les Tunisiens. Les plus importantes concernent, notamment, celles liées à la rentrée scolaire.

Dans une déclaration rendue publique sur les réseaux sociaux, des sources de la Fédération générale de la Poste Tunisienne dénonce des pressions émanant de la Direction Générale, les exhortant, via des SMS à reprendre le travail. Ces mêmes sources résistent, et demandent aux employés des postes de ne pas céder et de poursuivre la grève, malgré les mises en garde de sanction lancées hier soir par la direction générale.

Wissal Ayadi