Ordre des médecins : mise en garde contre le traitement médiatique non éclairé des affaires médicales sensibles
Face à la multiplication des contenus sur les réseaux sociaux portant sur des situations médicales, le Conseil national appelle à distinguer erreur médicale et complication thérapeutique, et à privilégier une information scientifiquement fondée.
Le Conseil national de l’Ordre des médecins de Tunisie a publié un communiqué dans lequel il réagit à la diffusion, dans les médias et sur les réseaux sociaux, de contenus relatifs à des situations médicales sensibles, appelant à davantage de rigueur et d’équilibre dans leur traitement public.
La médecine n’est pas une science exacte
Le Conseil rappelle en premier lieu que la médecine, bien que rigoureuse, comporte une part incompressible de risques et de complications, y compris dans les systèmes de santé les plus performants au monde. Il insiste sur la nécessité de distinguer l’erreur médicale de la complication thérapeutique, une question scientifique complexe qui ne peut être tranchée que par une expertise spécialisée et dans le cadre de procédures juridiques établies.
Le Conseil avertit par ailleurs que la présentation de cas médicaux hors de leur contexte scientifique, ou sans recours à un avis spécialisé, est susceptible d’induire des conclusions inexactes, au détriment des patients eux-mêmes.
Des mécanismes de responsabilité existent
Le Conseil tient à rappeler que tout manquement suspecté fait l’objet de procédures d’évaluation garantissant à la fois les droits des patients et la dignité des professionnels de santé. Il souligne également que le système de santé tunisien réalise chaque jour des milliers d’interventions réussies, grâce à l’engagement et à la compétence de ses professionnels médicaux et paramédicaux.
Un appel à une information responsable
Le Conseil national appelle à renforcer la culture sanitaire des citoyens et à adopter des approches médiatiques fondées sur une information scientifique équilibrée. Il réaffirme son engagement à protéger le droit du citoyen à une information fiable et à préserver la relation de confiance entre le patient et son médecin, condition essentielle à la qualité des soins et à la sécurité des prises en charge.