Paiements en Tunisie : le virement s’impose, la lettre de change détrône le chèque

08-06-2026

Les données de la Banque centrale de Tunisie pour le premier trimestre 2026 confirment une recomposition profonde des habitudes de paiement, amorcée depuis la réforme législative de 2024.

La mutation du paysage des paiements télécompensés en Tunisie se poursuit. Selon le bulletin trimestriel publié par la Banque centrale de Tunisie (BCT), le virement consolide sa position de premier instrument de paiement du pays, la lettre de change s’installe au deuxième rang en valeur, et le chèque continue son inexorable recul.

Le virement, instrument de référence

Au premier trimestre 2026, 9,6 millions de virements ont été effectués pour un montant total de 19,58 milliards de dinars, représentant 65 % des opérations télécompensées en nombre et 36,7 % en valeur. En progression de 2,3 % en nombre et de 8,7 % en montants sur un an, le virement affiche en outre un taux de rejet quasi nul, limité à 0,1 %.

La lettre de change dépasse le chèque

Avec 1,2 million de transactions pour 13,91 milliards de dinars échangés, la lettre de change représente désormais 26,1 % des montants télécompensés, devançant le chèque pour la première fois. Sa progression est spectaculaire : +35,9 % en nombre et +23,5 % en valeur sur un an. Cette montée en puissance s’accompagne toutefois d’un taux de rejet élevé, à 9,6 % en nombre, correspondant à environ 1,32 milliard de dinars non honorés.

Le chèque en chute libre

À l’inverse, le chèque poursuit son déclin. Seulement 1,7 million de chèques ont été télécompensés ce trimestre, pour 11,51 milliards de dinars, soit une chute de 24,9 % en nombre et de 28 % en montants par rapport au premier trimestre 2025. Il ne représente plus que 21,5 % des montants échangés.

Ce repli s’explique largement par la réforme du Code de commerce sur les chèques sans provision, adoptée en juillet 2024 et entrée partiellement en vigueur en février 2025, qui a introduit un nouveau format de chèque, un plafonnement des montants et une plateforme centralisée de vérification de solvabilité — poussant une partie des utilisateurs à se tourner vers d’autres instruments.