Tunis : la présence de la galère portugaise sur les côtes suscite des inquiétudes, les scientifiques appellent au calme
L’observation récente de quelques spécimens de galère portugaise sur certaines plages tunisiennes a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, parfois accompagnées d’informations jugées alarmistes concernant la dangerosité de cette espèce marine.
Invitée ce mardi 2 juin 2026 sur les ondes de Jawhara FM, la chercheuse à l’Institut national des sciences et technologies de la mer (INSTM), Afef Fathalli, spécialisée en biologie marine, a tenu à apporter des précisions scientifiques afin de remettre en contexte ce phénomène.
Connue sous le nom scientifique Physalia physalis, la galère portugaise appartient au groupe des cnidaires, au même titre que les méduses. Son flotteur translucide, évoquant les voiles des anciens navires, lui vaut son appellation courante de « galère portugaise », parfois aussi désignée comme « méduse portugaise » ou « homme de guerre portugais ».
Selon la spécialiste, cette espèce n’est pas originaire de la mer Méditerranée. Elle évolue principalement dans les eaux tropicales et subtropicales de l’océan Atlantique et peut former de vastes colonies composées de milliers d’individus. Les spécimens observés en Méditerranée y arrivent de manière occasionnelle, transportés par les courants marins reliant l’Atlantique au bassin méditerranéen.
« Elle n’est pas installée durablement en Méditerranée », a-t-elle précisé, ajoutant que les individus observés restent généralement isolés et peu nombreux.
Des signalements similaires ont déjà été recensés dans plusieurs pays méditerranéens, notamment en Espagne, en Italie, à Malte et au Maroc. En Tunisie, sa présence est documentée depuis plusieurs années, avec des observations scientifiques confirmées par l’INSTM dès 2021, ainsi que des signalements ponctuels sur différentes portions du littoral, dont Tabarka, Ben Arous et Soliman.
Face aux inquiétudes relayées en ligne, la chercheuse a tenu à relativiser le risque sanitaire. Contrairement à certaines affirmations, la galère portugaise n’est pas considérée comme une espèce mortelle dans les conditions observées en Méditerranée, même si son contact peut provoquer des douleurs importantes, parfois supérieures à celles des méduses locales.
« Les informations selon lesquelles elle serait mortelle sont infondées », a-t-elle insisté, rappelant que sa piqûre est certes douloureuse mais non létale.
L’organisme marin possède de longs tentacules dotés de cellules urticantes utilisées pour capturer ses proies, principalement de petits organismes marins, et non pour représenter un danger spécifique pour l’être humain.
En cas de contact, les recommandations restent similaires à celles appliquées pour les piqûres de méduses : rinçage à l’eau de mer, évitement de l’eau douce afin de ne pas activer les cellules urticantes restantes, et retrait délicat des éventuels fragments de tentacules sans contact direct.
Enfin, la spécialiste rappelle que ces apparitions restent ponctuelles, généralement observées entre mars et juin sous l’effet des vents et des courants, et ne traduisent pas une installation durable ni une prolifération de l’espèce sur les côtes tunisiennes.