Visite d’Erdogan : Des partis mettent en garde contre l’alignement de la Tunisie sur « la politique des axes »

26-12-2019

Plusieurs partis ont rejeté l’alignement de la Tunisie sur la position d’une seule partie du conflit en Libye, et son adhésion à la politique des axes, suite à la visite surprise d’une journée, la veille, mercredi 25 décembre, du président turc, Recep Tayyip Erdogan, à Tunis.

Attayar Chaâbi, d’obédience nationaliste, oppose « un refus catégorique à l’alignement injustifiée de la Tunisie sur l’une des parties libyennes en conflit, et sur un axe régional déterminé, ce qui lui fera perdre sa « neutralité positive », comme une partie contribuant au cessez-le-feu, et à la construction de l’unité libyenne ».

La Tunisie ne devra pas être « une arrière-cour pour l’armée turque »
Le courant populaire refuse que « la Tunisie se transforme, encore une fois, en une plateforme d’agression contre la Libye, à l’instar de ce qui s’est passé en 2011, et en une arrière-cour pour l’armée turque et ses renseignements, en soutenant les milices qui sont à sa solde, et menacer ainsi la sécurité des pays voisins ».

Le parti met en garde contre « la voie dangereuse adoptée par la politique étrangère tunisienne, en l’absence d’une vision claire en la matière sur la base des intérêts suprêmes et la sûreté nationale, dans un contexte régional et international extrêmement grave ».

S’en tenir aux constantes de la diplomatie tunisienne
Afek Tounes (centre-droit) exprime son « étonnement que cette visite n’ait pas été annoncée, et est intervenue sans qu’une invitation officielle n’ait été adressée, conformément aux usages diplomatiques, un agissement qui porte extrêmement atteinte à la Tunisie ».

Le parti dit son « refus de principe de toutes les formes d’alignement aux axes régionaux, et met en garde contre le fait d’entrainer la Tunisie dans des conflits régionaux, idéologiques, ou confessionnels, à même d’avoir un impact négatif sur les intérêts stratégiques et la sécurité nationale du pays. »

Afek appelle « à s’en tenir aux constantes de la diplomatie tunisienne », reposant sur « les principes de non-alignement et de résolution des conflits par les moyens pacifiques ».

Le parti condamne « toutes les formes d’intervention militaire étrangère dans la crise libyenne, et fait assumer au président de la république, au gouvernement d’expédition des affaires courantes et au futur gouvernement la totale responsabilité politique et pénale, de tout soutien militaire ou logistique présenté à toute partie extérieure ou intérieure dans ce conflit ». Il prône « l’impartialité positive » dans la crise libyenne.

Le PDL met en garde la présidence contre « toute déviation »
Le parti destourien libre (de mouvance rcédéiste-destourienne) se dit, à son tour, « étonné que la visite n’ait pas été annoncée par le service de presse de la présidence, conformément aux usages, et mécontent que de telles informations parviennent à l’opinion publique via les médias turcs ».

Le PDL appelle « la présidence de la république à opter pour la transparence en matière de politique étrangère, à clarifier les choix suivis en la matière, et à tenir au courant l’opinion publique de ces questions souveraines ».

Le parti met en garde la présidence de la république contre « le fait de prendre n’importe quelle décision en relation avec le dossier libyen, susceptible de représenter une déviation par rapport aux constantes de la politique étrangère tunisienne, reposant sur le principe de non-ingérence, la non-adhésion à la politique des axes et aux tiraillements internationaux et régionaux pouvant attenter à la souveraineté et la sécurité nationale de la Tunisie ».

Le mouvement Machrou Tounes avait pointé auparavant « un alignement officiel de la Tunisie, au profit de l’axe Turquie – Gouvernement d’union libyen », et avait appelé la présidence, à « la transparence totale au sujet des objectifs de cette visite, les rencontres qui lui sont liées et ses résultats ».

Gnetnews

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